Le Sud-Soudan a annoncé jeudi le règlement d'un litige avec le pouvoir central de Khartoum sur les modalités de versement des royalties pétrolières, alors que la question du pétrole reste dans son ensemble l'une des plus épineuses dans ce pays au bord de la partition.
Le pouvoir central a accepté de reverser à nouveau au Sud semi-autonome sa part des royalties sur le pétrole en devises étrangères au lieu de livres soudanaises, a affirmé jeudi le sous-secrétaire sudiste aux Finances, Salvatore Garang Mabiordit.
Le mois dernier, le ministre sudiste des Finances, David Deng Athorbei, avait accusé Khartoum de chercher à affaiblir "délibérément" l'économie du Sud-Soudan, en lui versant depuis juillet ses royalties en livres soudanaises alors que le Sud manque cruellement de devises fortes.
La banque centrale à Khartoum avait nié que la forme de paiement ait changé.
Mais M. Mabiordit a déclaré que "des réunions ont eu lieu il y a dix jours à un haut niveau pour résoudre cette question, et nous sommes soulagés de voir que les paiements sont revenus à la normale".
Le dossier pétrolier reste dans son ensemble l'un des plus délicats dans la perspective du référendum d'autodétermination du Sud prévu début janvier, qui pourrait aboutir à la partition du plus vaste pays d'Afrique.
Le Soudan, dont les réserves sont estimées à environ six milliards de barils, produit environ 460.000 barils de pétrole par jour, dont la majeure partie est destinée à l'exportation, principalement en Asie.
Une grande partie des ressources pétrolières est située au Sud-Soudan ou à la lisière du Nord et du Sud, mais est exportée par des pipelines qui vont uniquement vers le Nord.
Les royalties sur le brut pompé au Sud-Soudan uniquement sont partagées entre le gouvernement du sud et le gouvernement central à Khartoum.
Ces royalties comptent pour plus de 90% des revenus du gouvernement sudiste, qui n'a pratiquement pas d'autres sources de devises étrangères et se remet difficilement d'une guerre civile de plus de 20 ans.
Plusieurs grands champs pétrolifères sont situés dans des régions où la démarcation d'une frontière est encore incertaine, aggravant les risques de tensions.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui s'exprimait mercredi à Washington sur les perspectives de sécession du Sud, a qualifié le référendum de "bombe à retardement", et pressé les deux parties de trouver un terrain d'entente sur la question pétrolière.
La responsable américaine a également annoncé un regain d'efforts diplomatiques de Washington pour prévenir une nouvelle guerre, avec notamment une nouvelle mission sur place de Scott Gration, l'émissaire américain pour le Soudan.
Signe de l'importance que Washington accorde à ce dossier, le président Barack Obama participera à une réunion sur le Soudan le 24 septembre à l'ONU.
L'institut de recherche International Crisis Group, basé à Bruxelles, avait lui aussi mis en garde au début du mois contre une montée de tensions Nord-Sud à propos du pétrole.
"Le fait que les ressources en pétrole du pays soient concentrées dans ces zones a amplifié les implications politique et économique de la démarcation de la frontière, et certaines zones de la frontière restent dangereusement militarisées", avait indiqué l'ICG dans un rapport.
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