L'armée congolaise préparait vendredi un nouvel assaut pour déloger les derniers rebelles du M23 des quelques collines qu'ils occupent encore dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) mais leur a donné une ultime chance d'éviter une offensive finale.
"Nous donnons une dernière chance à tous les combattants du M23 de se rendre", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l'armée pour le Nord-Kivu, province dont le sous-sol regorge de ressource minières convoitées.
Les rebelles sont "pris en étau", a ajouté l'officier, rencontré à Bunagana.
Fief politique et dernière place forte de la rébellion, cette localité est située à la frontière ougandaise, à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu.Elle a été reprise mercredi par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), cinq jours après le début de l'offensive contre la rébellion des FARDC, soutenues par la brigade d'intervention de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco).
"L'objectif est de déloger le M23 des collines qui surplombent Bunagana.Hier [jeudi], nous avons pris la colline de Bugima, qui surplombe celle de Mbuzi.Aujourd'hui, Mbuzi devrait tomber d'elle-même.Il ne restera plus que la colline de Runyonyi.Celle de Chanzu n'est pas très stratégique", avait affirmé auparavant le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, joint par téléphone.
Depuis mercredi, quelques centaines d'irréductibles du M23 - environ "deux cents éléments résiduels" selon le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende - sont retranchés à près de 2.000 mètres d'altitude sur ces hauteurs cultivées proches de Bunagana et de la localité voisine de Jomba.
A Bunagana, aucune détonation n'a été entendue dans la matinée.La veille au soir explique l'administrateur (maire) de la ville, Léon Bitegeka, il y avait "toujours des files de gens qui traversaient en Ouganda, [...] à cause des détonations qui se faisaient entendre vers Jomba, mais "la nuit a été calme".
Dans la ville aux habitations modestes, sans électricité ni eau courante, certains habitants se disent ou se montrent encore peu rassurés.
L'action militaire n'est pas la "panacée"
Une centaine de soldats sont déployés dans la localité.Certains font preuve de nervosité dans leurs rapports avec la population.
Sur la route qui mène à Bunagana, plusieurs patrouilles de la Monusco se succèdent.Certaines poussent jusqu'au poste-frontière, où le commerce a repris dans les deux sens, avant de rebrousser chemin.
Depuis le début de la semaine 5.000 personnes se sont réfugiées en Ouganda.Comme la veille, certains expliquent qu'ils rentrent du côté congolais pour la journée, mais qu'ils repasseront en Ouganda, par précaution, pour la nuit.
Depuis la reprise des combats entre FARDC et rebelles, les deux belligérants n'ont donné aucun bilan des pertes en vies humaines.
Le M23 est né d'une mutinerie, en avril 2012, d'anciens rebelles, essentiellement tutsi, intégrés dans l'armée en 2009 après un accord de paix.L'ONU et Kinshasa accusent régulièrement l'Ouganda et le Rwanda de soutenir le M23, ce que réfutent Kigali et Kampala.
Après l'appel du président congolais, Joseph Kabila, qui a exhorté mercredi une nouvelle fois les rebelles à "se démobiliser volontairement" sous peine d'être désarmés "par la force", M. Mende a insisté vendredi à Kinshasa sur le fait que "le succès de [la] contre-offensive militaire n'[était] pas une panacée".
Les actions "politiques et diplomatiques [...] nous paraissent être les seules à même de garantir une paix durable à notre pays", a-t-il ajouté alors que les rebelles parlent depuis deux jours de l'imminence de la signature d'un accord à Kampala, où les belligérants entretiennent depuis décembre un dialogue rompu plusieurs fois et n'ayant produit aucun résultat pour l'instant.
Jeudi soir, l'Union européenne a exhorté les deux parties à achever leurs négociations pour permettre le démantèlement définitif du M23.
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