Nigeria: des islamistes ouverts au dialogue, selon un négociateur

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Abuja (AFP)

Des responsables du groupe rebelle nigérian Boko-Haram seraient favorables à des pourparlers de paix, bien que des doutes persistent sur leur crédibilité, a déclaré mardi le président d'une commission chargée d'étudier un processus  d'amnistie des islamistes.

"Plusieurs membres-clés parmi les insurgés (...) ont répondu de façon positive à la prise de contact et ils ont accepté des options de dialogue qui permettraient la résolution complète du conflit", a déclaré le ministre des affaires spéciales Kabiru Tamimu Turaki, président de cette comission d'amnistie créée en avril, en rendant son rapport final au chef de l'Etat nigérian Goodluck Jonathan à Abuja.

"Le processus a été difficile au départ", a expliqué M. Turaki, faisant référence à la mise en place des négociations avec les insurgés responsables de la mort de milliers de personnes depuis 2009.

De tels pourparlers ont pourtant toujours été rejeté par Abubakar Shekau, considéré comme le chef de Boko Haram et inscrit sur la liste américaine des terroristes à l'échelle mondial.Selon lui, ses commandants n'ont pas pris contact avec M. Turaki. 

Boko Haram est probablement constitué de plusieurs factions, et Shekau incarnerait la branche la plus radicale du groupe.D'autres combattants pourraient être ouverts au dialogue, notamment les jeunes qui ont rejoint Boko Haram à cause de la pauvreté et des conditions de vie précaire.

De plus, la crédibilité du comité de M. Turaki, créé il y a six mois, a été ébranlée en juillet dernier après sa déclaration d'un accord de cessez-le-feu conclu avec le second de Boko Haram, en accord avec Shekau.Les violences n'ont pas cessé pour autant, et Shekau s'est même moqué de cette annonce dans une vidéo envoyée par la suite à l'AFP.

Dans son discours de remerciement à M. Turaki mardi, M. Jonathan a estimé que les tentatives de dialogue avec Boko Haram n'étaient "pas une partie de danse" et il s'est dit soulagé qu'aucun des négociateurs n'a été blessé.Le président nigérian a accepté la proposition de M. Turaki de constituer une nouvelle comission chargée d'aller de l'avant dans les pourparlers de paix. 

M. Jonathan a reconnu un point sur lequel s'accordent de nombreux diplomates occidentaux et experts: aucune solution militaire ne pourra être effective si elle ne s'accompagne pas d'un plan économique pour le Nord, touché par la pauvreté et le chômage.

"La force seule, quelle qu'elle soit, ne pourra pas ramener la paix", a-t-il déclaré.

L'armée poursuit actuellement son offensive, lancée il y a cinq mois, dans le Nord-Est, contre l'insurrection islamiste.

L'armée a annoncé avoir tué sept islamistes présumés au cours d'une opération lundi.

Boko Haram revendique la création d'un Etat islamique dans le Nord, à majorité musulmane, considéré comme plus pauvre que le sud, à dominante chrétienne.

Au Nigeria, premier producteur de pétrole en Afrique, la grande majorité de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

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