Egypte: le gouvernement autorise la police à pénétrer dans les campus

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Le Caire (AFP)

Le gouvernement égyptien a autorisé jeudi la police à pénétrer sur les campus universitaires sans autorisation préalable pour stopper des manifestations, a rapporté l'agence MENA, alors qu'un étudiant a été tué dans des violences dans la nuit.

Le gouvernement a autorisé la police a pénétrer sur les campus en cas de "menaces" et en cas de "manifestations qui pourraient blesser les étudiants", selon l'agence officielle.

Avant cette décision, la police devait demander la permission au procureur général ou au directeur de l'Université avant de se rendre sur un campus ou dans des résidences universitaires si des heurts éclataient.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, un étudiant a été tué à la résidence de l'Université Al-Azhar, dans le quartier de Nasr City, au Caire, selon un responsable de sécurité et un soignant.Il a été touché à la poitrine et au cou par des tirs de chevrotine, selon la même source. 

Des heurts ont éclaté entre des partisans et des opposants des autorités installées par l'armée après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi, selon des responsables de sécurité, ajoutant que d'autres violences entre étudiants avaient eu lieu à l'Université du Caire jeudi.

Un tribunal du Caire a par ailleurs condamné 38 étudiants d'Al-Azhar à 18 mois de prison pour "participation à des violences" sur le campus en octobre, selon MENA.

Partisans et opposants du nouveau pouvoir se sont souvent battus depuis la destitution de Mohamed Morsi le 3 juillet par l'armée.Pour les manifestants pro-Morsi, décimés ou arrêtés dans la rue, les universités sont devenues depuis la rentrée le dernier bastion de leur mobilisation.

Plus d'un millier des partisans du président déchu ont été tués par la police et l'armée depuis le 14 août et plus de 2.000 Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, ont été arrêtés, dont leurs principaux leaders.

Le gouvernement a également annoncé jeudi qu'il allait renforcer le pouvoir de la police et de l'armée pour lutter contre le "terrorisme", toujours selon MENA.

Depuis la destitution de M. Morsi, des dizaines de policiers et militaires ont été tués dans des attentats dans le Sinaï, péninsule proche d'Israël et de Gaza en proie depuis longtemps à des violences de groupes armés jihadistes et de tribus de bédouins hostiles au pouvoir central.

Mercredi matin, près d'Al-Arich, chef-lieu du nord du Sinaï, une voiture a explosé au passage d'un autobus qui transportait des soldats, faisant 11 morts et 34 blessés, l'attaque la plus sanglante depuis une embuscade contre un convoi des forces de sécurité le 19 août qui avait fait 25 morts.

Jeudi, un policier égyptien a été tué au nord du Caire alors qu'il était en mission pour arrêter des suspects du meurtre du d'un officier des renseignements assassiné dimanche. 

Un groupe basé dans le Sinaï et lié à Al-Qaïda, Ansar Beit al-Maqdess, avait revendiqué cet assassinat.Il avait précédemment revendiqué une tentative d'assassinat contre le ministre de l'Intérieur, en septembre.

Enfin, le gouvernement a également annoncé jeudi sa décision de réexaminer les dossiers de naturalisations accordées ces dernières années, en particulier depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011, a rapporté l'agence MENA.

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