Le Nigeria a recommandé mercredi que 500 suspects arrêtés au cours d'opérations militaires menées contre Boko Haram dans le Nord-Est soient jugés pour actes terroristes.
Ces 500 suspects se trouvent pour l'instant dans les Etats de Borno, Adamawa et Yobe et cette recommandation, remise au chef de l'Etat, émane d'une étude menée entre juillet et septembre, selon un communiqué du général Chris Olukolade, porte-parole des armées.
Les organisations de défense des droits de l'homme ont souvent accusé l'armée nigériane de commettre des abus dans sa lutte contre l'insurrection islamiste, notamment des détentions arbitraires, des cas de torture et de mort en détention.
Selon le général Olukolade, "des suspects très recherchés, dont certains ont entrainé d'autres terroristes au port d'armes, et d'autres ont reconnu avoir été entraînés au Mali et dans d'autres pays dans le but de semer la terreur au Nigeria" font partie des suspects pour lesquels un procès est recommandé.
"Un médecin, des paramilitaires et d'autres individus ayant offert un appui logistique direct aux terroristes" se trouvent aussi parmi eux, a-t-il précisé.
Pour l'avocat des droits de l'homme nigérian Jiti Ogunye, cette mesure est "importante" mais l'armée ne doit pas se servir du système judiciaire pour justifier la détention à durée indéterminée de centaines d'islamistes présumés.
"Si vous regardez notre système judiciaire, nous avons du mal à traiter un seul cas de terrorisme.Comment ce système va-t-il gérer 500 dossiers?" s'interroge-t-il.
"Ce qui m'inquiète, c'est que ces gens vont être emmenés devant les tribunaux, pour qu'un juge ordonne leur détention" et ensuite ils risquent d'attendre leur procès pendant des années, ajoute Me Ogunye.
Les autorités nigérianes ont imposé en mai un état d'urgence dans les Etats de Borno, Adamawa et Yobe et en novembre, le parlement a approuvé une prolongation de six mois.
L'insurrection islamiste et sa répression violente par les forces de l'ordre nigérianes ont coûté la vie à plusieurs milliers de personnes depuis 2009.
Selon le communiqué, l'armée, qui a étudié le cas de 1.400 détenus entre juillet et septembre, a recommandé la libération de 167 détenus à Maiduguri, Yola et Damaturu, capitales des trois Etats sous état d'urgence, et doit encore se prononcer sur 614 autres cas.
Certains détenus seront jugés pour d'autres infractions ou crimes, notamment vol d'armes et meurtre.
Le rapport rédigé par cette équipe composée notamment de représentants de la police, de l'armée et des institutions fédérales, a été remis au président nigérian Goodluck Jonathan et le conseiller national sur la sécurité doit maintenant l'étudier avec le procureur général.
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