Les stocks illégaux d'ivoire saisis par la France seront "systématiquement" détruits, a annoncé jeudi Philippe Martin, le ministre de l'Ecologie et de l'Energie, à l'issue d'une table ronde à Paris avec 20 pays africains sur le braconnage d'espèces menacées.
"Nous avons déjà prévu de détruire trois tonnes d'ivoire au moment du Sommet de Londres" des 12 et 13 février, qui sera consacré au trafic d'espèces menacées, comme les éléphants, les rhinocéros ou les primates, a-t-il également affirmé.
Jusqu'ici la France ne détruisait pas l'ivoire saisie sur son territoire.Les tribunaux étaient libres de l'affecter à des musées pour des recherches ou dans un but éducatif.
Du coup, l'ivoire issu de ces saisies est dispersé sur le territoire et une évaluation de ces stocks est en cours.Des échantillons des stocks détruits seront conservés pour un usage scientifique ou pédagogique.
Les trois tonnes qui seront détruites par la France sont issues de nombreuses saisies.
L'ONG Robin des Bois, qui réclamait la destruction des stocks s'est félicité de cette décision, rappelant que d'autres pays avaient pris ce type de décision, comme les Etats-Unis, les Philippines et l'Etat du Maharashtra en Inde.Le Gabon a aussi détruit une partie de son stock.
Philippe Martin a rappelé le renforcement des mesures de lutte, annoncé un peu plus tôt par François Hollande, et notamment la multiplication des amendes par dix.Les infractions simples passeront de 15.000 à 150.000 euros et celles commises en bande organisée pourront être punies d'amendes allant jusqu'à 750.000 euros.
La France donnera également aux policiers enquêtant sur le trafic d'espèces menacées les mêmes moyens techniques (mises sur écoute, infiltrations, etc.) que ceux utilisés contre le trafic de drogue, a indiqué le ministre de l'Ecologie.
La politique d'aide au développement sera aussi davantage articulée avec la lutte contre le braconnage et le trafic d'espèces menacées.
Dans ce cadre, des accords de reconversion de dette ont été conclus avec le Gabon (à hauteur de 10 millions) et le Mozambique (4 millions) pour financer ce type de lutte.Les éléphants et les rhinocéros sont la cible de braconniers, parfois intégrés à des bandes criminelles qui financent ainsi leurs activités.
"La table ronde d'aujourd'hui acte que ce type de trafic est un sujet géopolitique" a déclaré Nicolas Hulot, l'envoyé de François Hollande pour la protection de la planète.
"Ce n'est pas une simple question d'environnement mais de sécurité", a-t-il ajouté en se félicitant d'un soutien de haut niveau politique.
Sept chefs d'Etats et deux Premiers ministres ont participé à la table ronde jeudi, à la veille du Sommet de l'Elysée sur la paix et la sécurité en Afrique.
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