La police ougandaise a accusé vendredi un avocat et un militant des droits de l'Homme kényans, détenus depuis leur arrivée mercredi en Ouganda, de liens présumés avec les islamistes radicaux somaliens shebab.
L'avocat Mbugua Mureithi et al-Amin Kimathi, fondateur du Forum musulman des droits de l'Homme, étaient venus à Kampala pour défendre plusieurs de leurs compatriotes arrêtés au Kenya dans le cadre de l'enquête sur le double attentat qui a fait 76 morts dans deux restaurants de Kampala le 11 juillet.
Un porte-parole de la police ougandaise a affirmé vendredi à l'AFP que les deux hommes avaient été arrêtés dans un hôtel proche de Kampala à la faveur d'une opération visant des membres présumés des shebab.
"La police suivait la piste de membres opérationnels des shebab qui étaient entrés dans le pays et s'étaient enregistrés dans l'hôtel Niagara", a expliqué le porte-parole Vincent Sekate.
"Quand les deux (Kényans) sont arrivés en Ouganda, ils sont aussi allés dans cet hôtel pour rencontrer les suspects", a-t-il ajouté.
"Quand nous avons arrêté les suspects shebab qui participaient à une réunion, nous avons réalisé qu'un avocat se trouvait parmi eux", a-t-il relaté.
Le porte-parole s'est refusé à donner toute précision sur le nombre de suspects arrêtés mercredi ainsi que sur les éventuelles charges pesant contre eux.
"Nous voulons savoir comment les deux (Kényans) connaissaient les suspects et cela explique pourquoi nous les détenons", a-t-il ajouté.
Dès mercredi, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch avait affirmé que MM.Mureithi et Kimathi risquaient "d'être torturés" vu le lourd passif de l'Unité de réponse rapide (qui détient les deux Kényans) en matière de violations des droits de l'Homme.
Le conseil de l'ordre des avocats ougandais a rappelé vendredi que "les avocats ne sauraient être identifiés à leurs clients ou aux causes de leurs clients".
Plus de 30 personnes ont été arrêtées en raison de leur implication présumée dans les attentats du 11 juillet, revendiqués par les shebab.Les autorités ougandaises ont décidé que ces suspects seraient jugés à l'intérieur de la prison de haute sécurité de Luzira, près de la capitale Kampala, invoquant des raisons de sécurité.L'accès à cette prison a été à ce jour interdit à la presse.
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