Paris a mis en garde lundi sur la possibilité d'un attentat "imminent" d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en France, au moment où des militaires français sont arrivés au Niger pour traquer les otages - dont cinq Français - enlevés la semaine dernière, sans doute par cette nébuleuse.
"La menace est réelle, notre vigilance est renforcée", a souligné le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, rappelant que le plan de sécurité Vigipirate restait activé au niveau rouge, dernier cran avant le niveau écarlate.
Une mise en garde "sur la base d'un renseignement venu d'un pays ami avec lequel la France travaille très régulièrement", indiquant qu'Aqmi "ferait peser une menace imminente d'attentat sur le territoire national", explique une source proche du ministère.
Selon une autre source, le renseignement aurait été transmis par l'Algérie, d'où sont originaires les principaux chefs d'Aqmi.
"On ne sait pas quand et où l'attentat aura lieu, mais on sait qu'il aura lieu", a déclaré à l'AFP un responsable des services de renseignements français, sous couvert d'anonymat.
Et le parquet antiterroriste de Paris a ouvert lundi une enquête pour "vérifier" un renseignement sur une femme soupçonnée de vouloir mener un attentat suicide dans la capitale.
Aqmi avait désigné la France comme cible après une opération franco-mauritanienne le 22 juillet contre une base de l'organisation au Mali pour libérer l'otage français Michel Germaneau, 78 ans, enlevé le 19 avril, déjà dans le nord du Niger.
Sept jihadistes avaient été tués, mais l'otage n'avait pas été libéré.Aqmi a ensuite annoncé l'avoir exécuté, même si son corps n'a pas été retrouvé.
La branche sahélienne d'Al Qaïda avait alors juré vengeance, un de ses chefs promettant "des troubles dans votre pays" au président français Nicolas Sarkozy, qui avait de son côté assuré que "le crime commis contre Michel Germaneau ne restera pas impuni".
Sur le deuxième front de l'affrontement France-Aqmi, Paris a envoyé au Niger quelque 80 militaires participer à la traque des ravisseurs des sept otages - cinq Français, un Togolais, un Malgache - enlevés le 16 septembre à Arlit, site minier stratégique du géant du secteur nucléaire français Areva dans le nord Niger.
Ces militaires mènent des opérations de reconnaissance aérienne dans l'espoir "de détecter les émissions radio et tout signe électro-magnétique pour tenter de localiser les preneurs d'otages", selon une source française qui assure qu'il ne s'agit pas d'unités armées pour lancer une opération.
Les ravisseurs, très mobiles, ont pris la fuite dans l'immensité désertique en direction du Mali, où ils se seraient réfugiés dans une zone montagneuse proche de l'Algérie.
"Nous n'avons à cette heure reçu aucune revendication, ni aucune preuve de vie" des otages, a déclaré lundi un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.Paris a publiquement dit penser qu'Aqmi était derrière le rapt.
Areva et le gouvernement nigérien continuaient à se renvoyer la responsabilité des failles dans la sécurité ayant permis ce raid audacieux.La firme française avait confié la sécurité de ses personnels à des gardiens non armés, et Niamey assure que les quelque 350 militaires et gendarmes déployés à Arlit ne s'occupaient que de la sécurité des installations.
Enfin, l'armée mauritanienne, qui est intervenue pendant trois jours contre des combattants d'Aqmi dans le nord du Mali, a assuré lundi que la situation était maîtrisée.
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