Le Soudan du Sud déterminé à juger les partisans du chef rebelle Riek Machar

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Juba (AFP)

Les autorités sud-soudanaises se sont dites déterminées à juger des proches du chef rebelle Riek Machar accusés de tentative de coup d'Etat, une décision qui risque de compromettre la trêve fragile conclue avec Juba la semaine dernière.

Onze figures du régime sud-soudanais liées à l'ex-vice-président Riek Machar avaient été arrêtées dans la foulée des combats qui avaient éclaté le 15 décembre à Juba avant de se propager dans le pays.

L'ancien vice-président a été accusé par le président Salva Kiir d'avoir voulu le renverser, ce qui aurait précipité les combats.M. Machar, actuellement en fuite, voit dans cette accusation un prétexte pour se débarrasser des détracteurs du président.

Le camp Machar exigeait la libération des détenus comme préalable à un cessez-le-feu.Celui-ci a finalement été paraphé en même temps qu'un second document, assez vague, stipulant que les médiateurs s'engageaient à "accélérer leur libération".

Le ministre de la Justice Paulino Wanawila a indiqué mardi soir à la presse que M. Machar et six de ses partisans, dont quatre figurent parmi les onze détenus, seraient jugés pour tentative de coup d'Etat.

Ces quatre alliés de M. Machar sont l'ex-secrétaire général du parti au pouvoir, Pagan Amum, l'ex-ministre de la Sécurité nationale Oyai Deng Ajak, l'ex-ambassadeur à Washington Ezekiel Lol Gatkuoh et l'ancien vice-ministre de la Défense Majak D'Agoot.

Les deux autres responsables que Juba veut juger sont en fuite: Taban Deng, qui dirigeait la délégation du camp Machar à Addis Abeba et a paraphé les accords, et Alfred Ladu Gore, ancien ministre et figure de la guérilla sudiste durant la guerre civile contre Khartoum (1983-2005) ayant débouché sur l'indépendance en 2011.

"Si quelqu'un viole la loi (...) vous poursuivez cette personne, conformément à la loi", a expliqué le ministre de la Justice.

Parmi les sept autres détenus, certains soupçonnés d'être impliqués dans la tentative de coup d'Etat présumé seront libérés et remis à un pays tiers non précisé, a-t-il dit sans expliquer pourquoi ils ne seraient pas jugés.Les autres seront libérés sans poursuites, a-t-il ajouté.

Le président Kiir a laissé entendre qu'il pourrait utiliser son pouvoir de grâce, mais pas avant que le processus judiciaire n'aille à son terme.

Sur le terrain, les combats ont baissé d'intensité mais ne semblent pas avoir cessé malgré le cessez-le-feu signé le 24 janvier.

La trêve a été conclue après plus d'un mois de conflit qui a fait plusieurs milliers de morts et déplacé plus de 750.000 personnes.L'ONU a qualifié la situation au Soudan du Sud de "précaire".

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