Six Etats africains prêts à établir à l'amiable leurs frontières maritimes

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NEW YORK (Nations unies) (AFP)

Six pays d'Afrique de l'Ouest ont accepté mardi à New York de coopérer en vue d'établir en bonne intelligence leurs frontières maritimes et éviter les déchirements dans la course aux ressources naturelles, cruciales pour le développement de tout le continent.

"Nous cherchons à garantir que les pays africains ont le contrôle des ressources dans leurs propres zones maritimes, ce qui représente une importante contribution à la lutte contre la pauvreté", a déclaré Erik Solheim, ministre de l'Environnement et du Développement international de la Norvège, pays à l'initiative de cet accord, passé en marge du sommet des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Les conflits terrestres pour le contrôle des matières premières freinent le développement dans de nombreuses régions d'Afrique.Mais également en mer, des Etats africains s'opposent sur la délimitation des frontières maritimes, comme la République démocratique du Congo et l'Angola.

La RDC, dont l'espace maritime est comprimé entre les provinces angolaises de Zaire et Cabinda, ne produit ainsi que 25.000 barils de pétrole par jour, avec peu de puits en mer, alors que l'Angola se dispute avec le Nigeria la place de premier producteur de brut africain.

La Norvège va apporter son expertise et son aide financière au Cap-Vert, à la Gambie, à la Guinée-Bissau, à la Guinée, à la Mauritanie et au Sénégal pour déterminer les limites de leurs plateaux continentaux.En contrepartie, ces pays s'engagent à coopérer entre eux.

Les six pays devront soumettre d'ici fin 2011-début 2012 leurs propositions aux Nations unies, conformément à la convention sur le droit de la mer de 1982, pour l'extension de leur plateau continental, soit individuellement soit ensemble.

L'enjeu est de taille: c'est la limite extérieure de ce plateau, au-delà de la zone des 200 milles nautiques (370 km), et pouvant aller jusqu'à 350 milles (650 km) de la côte, qui doit être déterminée grâce à des expertises très coûteuses.

Si les richesses naturelles de cette région maritime sont encore mal connues, le pétrole, le gaz et d'autres ressources des fonds marins sont potentiellement à la clé.Il s'agit d'éviter toute contestation future, porteuse de conflits, entre voisins, et de privilégier des solutions concertées.

C'est "un dossier qui n'est pas si pacifique que ça", admet José Brito, ministre des Affaires étrangères de l'archipel du Cap-Vert, qui compte sur les potentialités de ses vastes zones maritimes.

"Le Cap-Vert a joué un rôle de leader.Il s'agit de recueillir des données pour présenter notre candidature à tous.Et de garantir que nous aurons ces données à un coût supportable pour tous.En créant des synergies entre nous, nous irons beaucoup plus vite dans la soumission aux Nations unies", a-t-il dit.

"La question de la division se posera peut-être après, mais pas dans cette phase-là.Le fait de travailler ensemble devrait faciliter des futures négociations", a estimé M. Brito.

Le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Madické Niang, a jugé que "cet accord permet de nous engager dans une voie commune d'exploitation des ressources"."Je lance un appel à tous les pays avec qui nous partageons le même espace géographique pour leur dire: il n'y a que des intérêts, il n'y a pas d'inconvénients" dans cette coopération, a-t-il dit.

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