Six étrangers enlevés dans la nuit du 12 au 13 septembre près de Douala (sud du Cameroun) ont été libérés jeudi à l'issue d'une intervention militaire menée au Cameroun, selon les autorités du pays, au Nigeria selon une source camerounaise proche des enquêteurs.
Vendredi matin, le porte-parole du gouvernement camerounais Issa Tchiroma Bakary a affirmé à l'AFP que les six personnes avaient été libérées par les forces camerounaises, au Cameroun.Mais une source proche des enquêteurs ayant requis l'anonymat a assuré que les ex-otages se trouvaient au Nigeria lorsqu'un commando de l'armée nigériane est intervenu.
Les six hommes, "un Croate, un Philippin et quatre Ukrainiens", ont "été libérés le 30 septembre à 15H00 locales (14H00 GMT) en territoire camerounais", a dit M. Tchiroma Bakary.
Dans des propos rapportés par le quotidien d'Etat Cameroon Tribune, il précisait que la libération avait eu lieu "suite à une opération de nos forces de défense et de sécurité".
D'après lui, les "forces en terme de renseignement" camerounaises aidées par des représentants de services de sécurité croates et ukrainiens avaient "tissé leur toile autour des preneurs d'otages" avant que le président camerounais Paul Biya n'ordonne la libération des otages.
"Initialement, les Ukrainiens voulaient négocier avec les preneurs d'otages", mais M. Biya "a refusé toute négociation", a rapporté M. Tchiroma assurant qu'il n'y avait eu ni victime, ni versement de rançon lors de la libération.
Mais une source proche des enquêteurs a ensuite soutenu une version différente, affirmant que "ce sont les Nigérians qui ont libéré les otages" et non les Camerounais.
Selon elle, les six personnes qui avaient été enlevées au cours de l'attaque de trois bateaux dans la zone de mouillage du port de Douala ont bénéficié d'un concours de circonstances.
"Un commando de l'armée nigériane a tenté de libérer les Français détenus dans le même camp que les otages de Douala.Lorsque les commandos nigérians ont donné l'assaut au camp, ils ont plutôt trouvé les nôtres", a assuré la source.
Trois Français dont on ignore la situation, membres d'équipage d'un bateau opérant sur un champ pétrolier au large du Nigeria, ont été enlevés dans la nuit du 21 au 22 septembre, selon des sources nigérianes et françaises.
L'enlèvement de Douala avait été revendiqué par un groupe rebelle mal connu et aux motivations floues, l'Africa Marine Commando (AMC), selon la source proche des enquêteurs.
L'AMC a fait parler de lui pour la première fois en revendiquant l'enlèvement, en mars dernier, de sept Chinois au large de la péninsule de Bakassi (sud-ouest), frontalière du Nigeria.Ils avaient été libérés le 17 mars, après cinq jours de captivité.
Depuis deux ans, les attaques en mer et enlèvements sont fréquents au large de Bakassi.
Mais selon un diplomate français, le soutien de la France au Cameroun dans le cadre de la lutte contre la piraterie maritime dans le Golfe de Guinée avait jusqu'à présent enrayé le phénomène.
En 2009, il y a eu "32 attaques" de navire dans les eaux camerounaises et depuis janvier 2010, on en a dénombré "11" (dont celle de Douala), selon lui.
En plus de la coopération militaire et de la présence de la marine française, Total a notamment mis en place "un système de surveillance par embarcations" faute de moyens suffisants de l'armée camerounaise.
Les autorités camerounaises ont déployé depuis avril 2009 dans la zone de Bakassi, une unité spéciale de l'armée spécialisée dans la "lutte anti-terroriste", le Bataillon d'intervention rapide (BIR), selon des sources concordantes.
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