Les belligérants sud-soudanais étudient un ordre du jour à Addis Abeba

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Addis Abeba (AFP)

Les belligérants sud-soudanais étudiaient mardi un nouveau "document" soumis par les médiateurs pour tenter de définir enfin un ordre du jour des négociations qui ont repris la veille, destinées à mettre fin au conflit ravageant le Soudan du Sud depuis mi-décembre.

Sur le terrain, la Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Navi Pillay, chargée par le Conseil de sécurité d'enquêter sur de récentes exactions contre les civils lors des combats, s'est rendue mardi à Bor (est), où une base de l'ONU avait été attaquée le 17 avril et une cinquantaine de civils qui s'y étaient réfugiés avaient péri.

Son programme officiel prévoyait ensuite un déplacement à Nasir (nord-est), une zone tenue par les forces de l'ancien vice-président Riek Machar, qui affrontent depuis mi-décembre l'armée sud-soudanaise loyale au président Salva Kiir, où elle devait rencontrer des chefs rebelles.

En Ethiopie, aucun dialogue direct n'a eu lieu entre les deux parties depuis la reprise des pourparlers lundi à Addis Abeba, selon des sources proches des délégations.Les deux camps examinent chacun de leur côté un projet d'ordre du jour des discussions, soumis par la médiation de l'Autorité intergouvernementale pour le Développement (Igad), organisation sous-régionale est-africaine.

"Les médiateurs nous ont remis un document (...) pour lequel nous désirons des clarifications", a expliqué à l'AFP à Addis Abeba le ministre sud-soudanais de l'Information Michael Makuei, qui dirige la délégation gouvernementale sud-soudanaise."Il s'agit d'un nouvel ordre du jour".

Le porte-parole de la délégation rebelle, Musa Pouk, a de son côté indiqué à l'AFP que ses membres avaient "discuté (entre eux) des propositions (des médiateurs) et changé quelques mots".

Les deux délégations ont indiqué qu'elles devaient rencontrer les médiateurs dans l'après-midi au sujet de ce document.

Les négociations entre les parties au conflit au Soudan du Sud, entamées début janvier, n'ont jusqu'ici connu aucune réelle avancée.Une première phase avait péniblement abouti le 23 janvier à la signature d'un cessez-le-feu, qui n'a jamais été respecté.

La deuxième phase, ouverte mi-février et déjà suspendue à deux reprises, s'est pour l'heure réduite à des querelles entre les deux délégations, dans des hôtels de luxe d'Addis Abeba, sur les modalités des discussions.

Aucune question de fond n'a encore été abordée et les observateurs doutent de la réalité de l'engagement des belligérants à trouver une issue politique au conflit dans la capitale éthiopienne.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry y est attendu mercredi soir dans le cadre d'une tournée africaine.Il doit rencontrer les autorités éthiopiennes et "parler des efforts en cours pour faire avancer la paix" dans la région.

M. Kerry pourrait réitérer auprès des deux camps sud-soudanais les pressions des Etats-Unis, soutien indéfectible de la rébellion sudiste désormais au pouvoir à Juba après avoir combattu Khartoum entre 1983 et 2005.Ce précédent conflit avait débouché en juillet 2011 sur l'indépendance du Soudan du Sud, dont Washington est considéré comme le parrain.

"La situation au Soudan du Sud, les violences horribles dont nous avons été témoins, représenteront une part importante des discussions durant son voyage africain", avait indiqué lundi une porte-parole du département d'Etat américain, Jen Psaki.

Les combats qui ont éclaté sur fond de rivalité au sein du régime entre MM.Kiir et Machar, figures historiques de la rébellion sudiste, s'accompagnent de massacres entre Dinka et Nuer, les deux principales communautés du pays, dont sont issus respectivement les deux hommes et que divisent de vieux antagonismes plongeant pour partie leurs racines dans la guerre contre Khartoum.

"La situation est très grave et des massacres de représailles sont à craindre", a déclaré Mme Pillay lundi soir à Juba.

Accompagnée d'Adama Dieng, conseiller spécial sur la prévention du génocide auprès du secrétaire général de l'ONU, elle a rencontré le président Kiir et le ministre des Affaires étrangères Barnaba Marial Benjamin, selon l'ONU.

"Comme on dit en Afrique, quand deux éléphants se battent, c'est l'herbe qui souffre", a-t-elle poursuivi, en référence aux souffrances infligées à la population par le conflit.

Les civils sud-soudanais "souffrent de graves violations des droits de l'Homme", a-t-elle expliqué, notamment des violences sexuelles et des obstacles "au droit à la nourriture".L'ONU a pointé à plusieurs reprises un risque de "famine".

 

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