Les troupes du gouvernement de transition somalien (TFG) et de la force de paix de l'Union africaine (Amisom), ont progressé lundi à Mogadiscio face aux insurgés islamistes, à l'issue d'une nouvelle journée de combats ayant fait au moins quinze tués, selon des témoins.
"Ces derniers jours, les forces du TFG, avec le soutien des troupes de l'Amisom, ont sécurisé plusieurs zones de la capitale", a affirmé le gouvernement dans un communiqué transmis lundi à l'AFP.
"Les forces du TFG se sont emparées de la place Taribune, de l'ancien hôpital militaire, de l'hôtel Taleh et de plusieurs autres endroits" dans le quartier d'Hodan, l'une des principales lignes de front dans le centre de Mogadiscio, précise ce communiqué.
"Ces nouvelles positions sont proches du marché de Bakara, plus grand marché du pays (et bastion islamiste dans la capitale) que les shebab utilisent pour bombarder au mortier le reste de la ville", explique le texte.
Des témoins ont confirmé à l'AFP cette progression, faisant état notamment du déploiement de plusieurs chars de l'Amisom.
Fin septembre, un journaliste de l'AFP avait déjà constaté une nette progression de l'Amisom dans ce secteur vers Bakara, où les militaires ougandais mettaient en oeuvre une discrète tactique de progression maison par maison.
L'avancée des forces du TFG et de l'Amisom "vise à empêcher les shebab de se dissimuler au milieu des civils et devrait permettre une réduction drastique des pertes civiles", selon le gouvernement.
Selon des témoins et des sources médicales, au moins quinze personnes, dont huit civils, ont été tuées au cours des affrontements de lundi dans ce secteur d'Hodan.
"Les combats ont cessé maintenant.Huit civils ont été tués et 36 autres blessés", a indiqué le chef du service des ambulances de la capitale, Ali Muse.
Interrogés par l'AFP, des témoins ont observé les cadavres de quatre soldats du TFG et de trois combattants islamistes.
Soutenu par la communauté internationale, le TFG ne contrôle que quelques quartiers de Mogadiscio, avec le soutien déterminant de plus de 7.000 militaires ougandais et burundais de l'Amisom, déployés en des secteurs clés de la capitale.
"Ces avancées interviennent alors que des informations font état de l'aggravation des divisions au sein des shebab et du retrait de Mogadiscio des forces du numéro deux" de la milice islamiste Mukhtar Robow "après l'échec de l'offensive du ramadan", affirme le TFG dans son communiqué.
Fin août, les insurgés islamistes avaient lancé une vaste offensive dans la capitale, qui avait duré près d'une dizaine de jours.
"Les divisions entre clans et dissensions au sein de la hiérarchie des shebab, avec notamment la question du rôle des combattants étrangers, ont été exacerbées par les lourdes pertes subies en août/septembre" lors de cette offensive, assure le gouvernement.
"Les forces de Robow, issues essentiellement du clan Rahawein, ont subi l'essentiel de ces pertes (...)" et leur retrait "est un coup sévère pour les insurgés", selon le TFG.
Récurrentes dans le conflit somalien, ces dernières affirmations sur de possibles divisions entre insurgés "modérés" et partisans de la ligne dure, n'ont pas été confirmées de source indépendante.
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