Les ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité se rendent mercredi en visite au Soudan à moins de 100 jours de l'organisation du référendum qui pourrait aboutir à la partition du sud du pays, a annoncé lundi l'instance de l'ONU.
Le but de cette mission est "de soutenir les efforts pour la promotion de la paix dans les zones que nous allons visiter", a annoncé Ruhakana Rugunda, représentant de l'Ouganda et président en exercice du Conseil de sécurité.
Les membres de la mission ne rencontreront pas le président soudanais Omar el-Béchir pendant leur visite, a précisé.M. el-Béchir est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre au Darfour.
"Le conseil n'a pas demandé à rencontrer le président et le président n'a pas proposé de rencontrer le Conseil", a-t-il dit."Le Conseil va rencontrer d'autres responsables de haut niveau", a-t-il ajouté.
M. Rugunda a expliqué qu'il n'y avait pas de consensus au sein des pays du Conseil de sécurité sur les charges qui pèsent sur M. el-Béchir.Mais ce dernier ne sera pas dans le pays pendant la visite, ont expliqué des diplomates.
Les envoyés de Grande-Bretagne, Chine, France, Russie et des Etats-Unis et des autres pays du Conseil de sécurité font partie de cette mission, ont indiqué des diplomates.
"Nous accueillons (favorablement) la visite du Conseil qui permettra de continuer le dialogue de manière à ce que les membres puissent prendre acte des faits qui fondent la position du gouvernement (soudanais).Le Conseil de sécurité n'est pas, dans son ensemble, contre le Soudan", a réagi le vice-président soudanais Ali Osmane Taha.
Deux référendums doivent être organisés dans le sud du Soudan et dans la petite région d'Abyei le 9 janvier, la question étant de savoir s'ils veulent rester dans le giron du Soudan.
Les diplomates et les observateurs s'attendent à une partition du Soudan, mais les préparatifs pour les scrutins sont en retard, faisant craindre une déclaration unilatérale d'indépendance du Sud et la possibilité d'un nouveau conflit.
"Nous voulons encourager le Nord et le Sud à faire tout leur possible pour organiser les référendums en temps voulu et faire en sorte que la transition sera pacifique si le Sud décide de la partition", a souligné un diplomate d'un pays membres du Conseil de sécurité.
"Outre ces scrutins, la situation au Darfour devient de nouveau inquiétante et il est donc important pour les ambassadeurs d'y aller", a-t-il ajouté.
Ce diplomate a indiqué que les ambassadeurs auprès de l'ONU iront au Darfour en raison de nouvelles inquiétudes sur cette zone où le conflit a fait au moins 300.000 morts selon l'ONU.
Les référendums sont organisés dans le cadre d'un accord de paix conclu en 2005 entre Khartoum et les rebelles du Sud.Il a mis fin à deux décennies de guerre civile qui a fait quelque deux millions de morts.
La communauté internationale, au premier rang de laquelle le président américain Barack Obama et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a fait monter la pression sur le Soudan à propos des référendums ces dernières semaines.
M. El-Béchir et son gouvernement ont de façon répétée affirmé qu'ils accepteront le résultat des référendums.
Mais l'inscription des électeurs et d'autres aspects logistiques de la consultation doivent encore être organisés.Des responsables doivent être formés, des tonnes de bulletins de vote doivent être imprimés et envoyés dans une vaste zone difficile d'accès.
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