Le Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangirai s'est dit jeudi "déçu" et "écoeuré" par le comportement de son ancien rival, le président Robert Mugabe avec lequel il a formé un gouvernement d'union en février 2009.
"Les événements des derniers mois ont suscité une profonde déception envers Mugabe qui a trahi la confiance que moi et de nombreux Zimbabwéens avions placé en lui", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Le chef du gouvernement s'est notamment élevé contre la nomination, unilatéralement par le chef de l'Etat de plusieurs hauts responsables (chef de la Banque centrale, procureur général, gouverneurs, ambassadeurs, juges...).
"A ma plus grande surprise, et je devrais dire écoeurement, M. Mugabe m'a encore informé lundi qu'il avait reconduit dans leurs fonctions de nombreux gouverneurs", a-t-il expliqué.
M. Tsvangirai a également accusé Robert Mugabe, 86 ans et au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, de s'opposer à l'entrée en fonction de l'ancien fermier blanc Roy Bennett au ministère de l'Agriculture.
"Il est revenu sur sa parole et m'a confirmé lundi qu'il n'avait aucunement l'intention de faire prêter serment à Roy Bennett", a dit le Premier ministre en dénonçant "une vendetta personnelle à caractère raciste".
Ces points de friction sont récurrents depuis la formation de la coalition entre les deux anciens ennemis mais le climat politique s'est encore dégradé ces dernières semaines.
Des membres du parti présidentiel, la Zanu-PF, ont perturbé en septembre plusieurs réunions publiques sur une future Constitution, ce qui a suspendu le processus.
Un militant du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai est mort des conséquences de ces violences, selon son parti.
"La Zanu-PF est déterminée à dire aux citoyens ce qu'ils doivent penser, à les intimider et à passer à tabac ses détracteurs", a estimé le Premier ministre."Cela va contre les principes démocratiques et c'est odieux."
Le gouvernement d'union, formé pour sortir le pays d'une grave crise politique et économique, est censé assurer la transition jusqu'à de nouvelles élections, qui ne seront possibles qu'après l'adoption d'une Constitution démocratique.
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