Kenya: 18 morts dans de nouvelles attaques près de la côte

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Lamu (Kenya) (AFP)

Dix-huit personnes ont été tuées au Kenya dans la nuit de samedi à dimanche lors de deux nouvelles attaques dans la région de la côte, revendiquées par les islamistes somaliens shebab.

Ces violences renforcent les tensions que le pays traverse depuis le massacre d'une soixantaine de personnes dans des raids nocturnes dans la même zone, proche de l'archipel touristique de Lamu (sud-est).

Elles surviennent aussi juste avant une grande manifestation lundi à Nairobi, organisée par l'opposition pour dénoncer notamment l'insécurité, mais qui attise la peur d'affrontements politico-ethniques.

Dans les deux dernières attaques, neuf personnes ont été tuées dans la localité de Hindi, dans le département de Lamu, et neuf autres ont péri à Gamba, un village situé plus au sud, où une personne est portée disparue.

"Nous avons eu des attaques cette nuit dans lesquelles des personnes ont été tuées et des maisons détruites", a indiqué Robert Kitur, un haut responsable de la police de la région.

Selon la police, des hommes armés ont aussi mis le feu à plusieurs maisons et attaqué le poste de police de Gamba, libérant un suspect détenu depuis les attaques de juin.Un policier fait partie des victimes.

Toutes les personnes mortes à Hindi sont des hommes, excepté un adolescent, qui aurait été tué alors qu'il tentait de fuir, selon un journaliste de l'AFP qui s'est rendu sur place.

Les assaillants ont cette fois laissé un message en anglais et en swahili sur un tableau noir, disant sur un ton de défi: "Vous envahissez un territoire musulman et vous voulez rester en paix".

"Ils ont dit qu'ils attaquaient parce que les terres des musulmans étaient confisquées", a raconté à l'AFP une habitante, Elizabeth Opindo.Elle a dit que les assaillants ont incendié sa maison mais lui ont laissé la vie sauve, en lui expliquant ne pas tuer les femmes.

Selon elle, à Hindi le commando comptait une dizaine d'hommes, parlant anglais, swahili et somali, des langues parmi les plus parlées du pays, première puissance économique d'Afrique de l'Est.

 

- Représailles -

 

Un porte-parole des islamistes somaliens shebab, liés à Al-Qaïda, a revendiqué les attaques au nom de son groupe.

"Les assaillants sont rentrés sains et saufs à leur base", a déclaré leur porte-parole militaire Abdulaziz Abu Musab, faisant état d'un bilan de dix personnes tuées.

Les shebab avaient également revendiqué la plus sanglante des attaques de la mi-juin, qui avait fait dans la localité de Mpeketoni au moins 48 morts.

Pour les islamistes, il s'agit de représailles à l'intervention de l'armée kényane en Somalie dans le cadre de la force de l'Union africaine, l'Amisom.

L'attaque de Mpeketoni était la plus sanglante et la plus spectaculaire depuis l'assaut mené par des combattants shebab contre le centre commercial Westgate de Nairobi en septembre 2013, qui avait fait au moins 67 morts.

Des survivants de Mpeketoni avaient rapporté comment des hommes armés parlant somali et portant des drapeaux shebab avaient exécuté exclusivement des hommes de confession chrétienne, en disant se venger de la présence de l'armée kényane en Somalie.

Mais le président kényan Uhuru Kenyatta avait démenti l'implication des islamistes somaliens dans les raids de juin, qui ont achevé de plomber le tourisme à Lamu, joyau naturel et historique baigné par l'océan Indien et classé au patrimoine mondial de l'Unesco. 

Dénonçant des "violences ethniques aux motivations politiques", il avait accusé des "réseaux politiques locaux" et mis en cause, sans la nommer, l'opposition.

Dans une région côtière très majoritairement musulmane, la zone de Mpeketoni est peuplée principalement de chrétiens: des membres de l'ethnie kikuyu - la plus nombreuse du pays, et celle du président Kenyatta - y sont en effet installés depuis des décennies.

L'opposition menée par Raila Odinga, défait à la présidentielle de 2013, a démenti toute implication dans les violences, et renvoie le pouvoir à son impuissance face aux attaques.

Elle organise lundi au parc Uhuru, en plein coeur de Nairobi, un "manifestation de masse" baptisée "Saba Saba" ("7/7" en swahili, pour 7 juillet).Objectif: dénoncer l'insécurité mais aussi des nominations qu'elle juge dictées par des critères ethniques.

Ce rassemblement attise la peur de violences politico-ethniques dans un pays encore traumatisé par le déchaînement de haines intercommunautaires qui avait fait quelque 1.200 morts après la présidentielle de 2007.

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