Affaire Chebeya: appel à la protection de la femme d'un policier congolais

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Kinshasa (AFP)

La Voix des sans voix a enjoint mercredi les autorités de Kinshasa de garantir la sécurité de la femme d'un policier condamné pour le meurtre, en 2010, de Floribert Chebeya, qui dirigeait alors cette organisation de défense des droits de l'Homme congolaise.

La Voix des sans voix pour les droits de l'Homme (VSV) exhorte dans un communiqué "les autorités gouvernementales et judiciaires" de la République démocratique du Congo à "garantir effectivement la sécurité de Madame Dadi Bumba Mayalale et toute sa famille".

Mme Bumba Mayalale est l'épouse du major Paul Mwilambwe, condamné à mort en 2011 pour le meurtre de Floribert Chebeya et de son chauffeur, Fidèle Bazana.

Jointe au téléphone par l'AFP, Mme Bumba Mayalale a affirmé avoir échappé à une tentative d'enlèvement mardi à Lubumbashi, la deuxième ville de RDC, dans le Sud-Est du pays, après avoir fait l'objet de menaces et d'intimidations.Elle a dit ne s'en être tirée que grâce à l'interposition de nombreux passants et craindre fortement pour sa sécurité et celle de ses enfants.

"La tentative d'enlèvement de Mme Dadi Bumba Mayalale [...] relève des stratégies savamment mises en place par des personnes impliquées dans l'assassinat [de Chebeya et Bazana] en vue d'exercer de fortes pressions visant à dissuader son mari [...] déterminé à dire la vérité sur les circonstances réelles du crime", écrit la VSV.

Le procès de ce double meurtre avait débouché en 2011 sur la condamnation à mort de quatre policiers - dont trois par contumace - et d'un cinquième à la prison à vie.

En fuite, M. Mwilambwe avait mis en cause le général John Numbi, chef de la police nationale congolaise au moment des faits, dans le meurtre des deux hommes.La justice congolaise a refusé que son témoignage soit produit lors du procès en appel de l'affaire, qui a été suspendu en mai 2013 et n'a jamais repris.

Floribert Chebeya avait été retrouvé mort le 2 juin 2010 dans sa voiture en périphérie de Kinshasa.La veille, il s'était rendu avec son chauffeur à l'Inspection générale de la police pour y rencontrer le général Numbi.Le corps de Bazana n'a jamais été retrouvé.

"Suspect numéro un" pour les parties civiles, le général Numbi, avait été suspendu de ses fonctions quelques jours après l'éclatement de l'affaire, avant d'être officiellement démis fin décembre 2013.Il a toujours affirmé n'avoir jamais rencontré Chebeya.Entendu comme témoin lors du procès en première instance, le général Numbi avait déclaré n'avoir "jamais" donné rendez-vous à Chebeya.

Le major Mwilambwe, qui vit au Sénégal, est visé dans ce pays par une plainte avec constitution de partie civile déposée début juin par la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et les familles Chebeya et Bazana.

Pour la FIDH, le but de cette action en justice est "qu'une enquête impartiale et indépendante puisse être ouverte et que toute la lumière soit faite sur l'assassinat" de Chebeya et Bazana.

 

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