L'avocat de plusieurs journalistes et blogueurs éthiopiens a annoncé jeudi son intention de déposer une plainte contre la détention sans inculpation depuis bientôt trois mois de ses clients.
Ces six contributeurs du blog Zone9 et trois journalistes de diverses publications éthiopiennes, arrêtés les 25 et 26 avril, sont accusés par les autorités de "crimes graves" non précisés.
Le blog Zone9, inaccessible en Ethiopie, affirme sur son site que les neuf personnes arrêtées sont désormais suspectées d'"appartenance à une organisation clandestine" et de liens "avec des organisations terroristes à l'étranger".
Selon ce blog, ils avaient été initialement accusés d'avoir "travaillé avec des militants des droits de l'Homme étrangers (...) et d'avoir incité à la violence via les réseaux sociaux pour déstabiliser le pays".
"Leur détention est illégale", a affirmé l'avocat Amaha Mekonnen, qui représente huit des neuf suspects."Nous attendons toujours qu'ils soient inculpés.Je vais déposer une plainte contre la police, demandant à la justice de contraindre la police à les libérer".
Selon lui, ses clients sont actuellement dans un vide juridique, la justice n'ayant ni autorisé la police à poursuivre leur détention ni permis leur libération sous caution.
"Pour moi il s'agit clairement d'une campagne du gouvernement pour faire le ménage" parmi ceux qui critiquent le parti au pouvoir, a poursuivi l'avocat, assurant que ses clients avaient été arrêtés "sans preuves suffisantes".
Plusieurs ONG de défense des droits de l'Homme et de la liberté de la presse ont condamné ces arrestations - l'une des plus importantes opérations récentes de répression contre les medias - et accusé le pouvoir éthiopien de vouloir réduire au silence les voix dissidentes à l'approche d'élections en mai 2015.
"Les autorités éthiopiennes tentent de donner l'impression que cette affaire est judiciaire quand en réalité il s'agit de représailles et d'une tentative de faire taire les détracteurs du gouvernement", a estimé Tom Rhodes du Comité de protection des journalistes (CPJ).
La situation de la liberté de la presse en Ethiopie est considérée comme l'une des plus préoccupantes au monde, avec notamment 49 journalistes éthiopiens vivant en exil, souligne l'ONG.
Plusieurs journalistes, militants et opposants ont été condamnés ces dernières années en Ethiopie sur la base d'une loi antiterroriste controversée, dont le caractère vague permet, selon ses détracteurs, d'étouffer la liberté d'expression et de museler les dissidences.
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