Le président français François Hollande a entamé jeudi une tournée africaine par une visite à dominante économique en Côte d'Ivoire, avant le Niger et le Tchad où il observera le nouveau dispositif militaire français de lutte antiterroriste au Sahel.
Le chef de l'Etat, qui a été accueilli par son homologue ivoirien Alassane Ouattara, compte sur ce déplacement pour conforter la place des très nombreuses entreprises françaises implantées en Côte d'Ivoire, dont la France est le premier partenaire commercial.
Quelque 800 d'entre elles, dont 160 représentants de grands groupes, y sont installées.Ces sociétés emploient près de 35.000 personnes, notamment dans les secteurs de la banque, du BTP et du transport, pour un chiffre d'affaire cumulé représentant environ 30% du PIB du pays, selon Paris.
Mais "les Français ne doivent pas penser qu'ils sont en terrain conquis.Ils doivent montrer qu'ils sont capables d'être les meilleurs", a commenté François Hollande.
Malgré ce rang de premier pays investisseur et deuxième exportateur, les entreprises françaises sont obligées de "chasser en meute" pour décrocher les marchés ivoiriens, à l'exemple des société allemandes en Chine, a expliqué un conseiller de l'Elysée.
François Hollande est ainsi accompagné d'une quarantaine de patrons français, dont le PDG du groupe Bouygues, Martin Bouygues, à l'honneur à Abidjan, et des membres de la direction d'Alstom et de Suez-Environnement.
Bouygues construit actuellement le troisième pont enjambant la lagune abidjanaise, projet-phare du gouvernement ivoirien.L'ouvrage, qui devrait être livré fin 2014, a été vu par la délégation présidentielle.
M. Hollande doit clôturer en début d'après-midi avec son hôte ivoirien un forum économique sur "La ville durable", une thématique englobant autant le transport que l'environnement, des secteurs dans lesquels les entreprises hexagonales sont en pointe.
La Côte d'Ivoire, qui a connu 9,8% de croissance en 2012 et 8,7% l'an dernier, "est en train de redémarrer.Elle apporte de la stabilité, de la sécurité" dans la région, a observé François Hollande.
"Le rôle de la France est d'être (à ses) côtés pour l'accompagner dans cette mutation", a-t-il affirmé, ajoutant que la Côte d'Ivoire deviendrait émergente "d'ici une dizaine d'années".
Considérée comme la locomotive économique de l'Afrique de l'ouest, la Côte d'Ivoire reste toutefois un pays pauvre, classé par l'ONU parmi les 20 derniers Etats au monde en terme d'indice de développement humain.
La président français s'est ensuite entretenu avec Alassane Ouattara, qu'il avait reçu quatre fois à Paris depuis son élection il y a deux ans.
- Justice et droits de l'Homme -
Les questions de justice et de droits de l'Homme sont aussi au programme.Des rencontres de représentants du Front patriotique ivoirien (FPI, opposition), parti de l'ex-président Laurent Gbagbo, et d'ONG sont prévues, au terme desquelles François Hollande devrait "lancer un appel au rassemblement", selon son entourage.
La Côte d'Ivoire se remet progressivement de la crise post-électorale de 2010-2011, consécutive au refus de l'ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à M. Ouattara.
Malgré un processus de réconciliation nationale, la plupart des procédures judiciaires relatives à cette crise, qui fit plus de 3.000 morts, sont encore en cours.
M. Gbagbo, poursuivi pour crime contre l'humanité, est quant à lui emprisonné depuis plus de deux ans à La Haye, en attente d'être jugé par la Cour pénale internationale.
Un accord de coopération en matière de justice, portant notamment sur "la formation des magistrats, la construction de tribunaux et l'amélioration des conditions de détention", selon un conseiller, sera signé entre France et Côte d'Ivoire, pour une dotation globale de 25 millions d'euros.
Vendredi et samedi, la suite de la tournée africaine de M. Hollande au Niger puis au Tchad sera dominée par les questions de sécurité, au moment où la France s'apprête à déployer une nouvelle force antiterroriste au Sahel, baptisée "Barkhane", forte de 3.000 militaires et basée à N'Djamena.
Cette force, agissant en partenariat avec les cinq pays de la zone (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), aura pour objectif d'élargir à tout le Sahel l'action de l'armée française contre les mouvements jihadistes.
Le déplacement du président, accompagné des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius, intervient deux jours après la mort d'un nouveau soldat français au Mali, tué pour la première fois lors d'une attaque suicide.M. Le Drian, qui s'est rendu au Mali dans ce cadre, doit arriver à 14H00 (locale et GMT) à Abidjan.
Le groupe jihadiste Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar a revendiqué jeudi matin cet attentat suicide, perpétré le jour de la fête nationale française, le 14 juillet, dans nord du Mali.
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