Fin de la grève des métallos sud-africains

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Johannesburg (AFP)

Après quatre semaines de grève qui ont de nouveau fait trembler l'économie nationale, patronat et syndicat de la métallurgie sud-africaine sont arrivés à un accord prévoyant une forte augmentation salariale, au grand soulagement du gouvernement et des investisseurs inquiets pour la croissance.

Le syndicat Numsa a appelé ses adhérents à reprendre le travail dès mardi.Le patronat s'est aussitôt dit "immensément soulagé que la grève soit enfin terminée".

C'est Irvin Jim, le secrétaire général de Numsa, qui a présenté l'accord devant la presse lundi après-midi.Le compromis prévoit "10% d'augmentation de salaire chaque année pour les ouvriers les moins bien payés pour les trois prochaines années", a-t-il détaillé, appelant les quelques 220.000 grévistes à mettre fin à leur mouvement.

Il avait pourtant insisté sur la nécessité d'obtenir un accord sur une seule année, ce que refusait absolument le patronat qui craignait devoir affronter une nouvelle grève dès l'an prochain.

Lancée le 1er juillet, la grève affectait durement l'économie nationale, paralysant en partie le secteur vital de l'automobile, mais également le bâtiment, en panne de composants métalliques pour faire avancer les chantiers.

Ce conflit est survenu alors que l'Afrique du Sud sortait à peine de la plus longue grève minière de son histoire, près de cinq mois de grève dans les mines de platine, qui a durablement plombé la croissance.La banque centrale n'a d'ailleurs pas cessé de revoir ses prévisions à la baisse et pronostique désormais 1,7% de croissance du PIB pour toute l'année 2014.

"Nous sommes immensément soulagés", a déclaré le patron de la Fédération des industries métallurgiques sud-africaines (Seifsa), Kaizer Nyatsumba: "Il appartient maintenant à toutes les parties prenantes du secteur métallurgique et sidérurgique de travailler main dans la main pour faire croître ce secteur et assurer sa compétitivité internationale". 

"Notre secteur a un rôle très important à jouer dans la réussite de l'ambitieux programme gouvernemental de développement des infrastructures ces prochaines années, et ceci n'est possible que s'il existe un partenariat fort entre les entreprises et les travailleurs", a-t-il souligné.

Outre les augmentations de salaires sur trois ans, les syndicats ont obtenu d'autres avancées, notamment sur le recours à l'intérim, qu'ils dénoncent depuis des années et voudraient voir totalement supprimé.

Seifsa, la fédération patronale, n'avait pas caché avoir amélioré son offre à contre-coeur et sous la pression du gouvernement, très inquiet des conséquences de la grève sur l'économie nationale. 

Les métallos du bas de l'échelle sont désormais assurés d'une augmentation de 10% par an pendant trois ans, alors que l'inflation est actuellement légèrement supérieure à 6% en Afrique du Sud, et devrait décroître légèrement en 2015 et 2016.

Le Numsa, le plus important syndicat d'Afrique du Sud, affirme avoir embarqué 220.000 ouvriers de plus de 10.000 sociétés dans sa grève, qui affecte également d'autres entreprises privées de pièces détachées, comme dans l'automobile.

Pour le gouvernement, cette grève était une nouvelle épine dans le pied, dans un climat morose marqué par une chute notable de la croissance, une dépréciation de la note de l'Afrique du Sud par les agences de notation, et l'incapacité à résorber un chômage qui touche officiellement un adulte sur quatre, et probablement beaucoup plus en réalité.

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