Les pourparlers visant à trouver une issue politique à plus de sept mois de conflit au Soudan du Sud ont repris lundi à Addis Abeba, les médiateurs avertissant les chefs des belligérants qu'ils seraient tenus pour responsables d'une poursuite du conflit.
En vertu d'un accord signé le 10 juin entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, qui a pris mi-décembre la tête d'une rébellion, les deux camps ont jusqu'au 10 août pour former un gouvernemnent de transition.
Mais les discussions, dans l'impasse, avaient été suspendues par la médiation de l'organisation est-africaine Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement) dès le 23 juin, jetant le doute sur la possibilité de tenir ce délai.
"Cette session de négociations doit déboucher sur des progrès, nous devons mettre fin à la guerre", a déclaré le médiateur en chef Seyoum Mesfin lundi à la reprise des pourparlers, "tout résultat aboutissant à sa poursuite (du conflit) aura de graves conséquences (...) ceux qui insistent pour poursuivre les combats devront être tenus pour responsables".
Etat-Unis et UE ont infligé des sanctions à des chefs militaires de chaque camp et l'Igad a menacé de faire de même, mais aucun des deux cessez-le-feu signés en janvier et en mai n'a été appliqué et les combats ont simplement baissé d'intensité en raison de la saison des pluies qui empêche les mouvements de troupes et de matériel.
Les précédents cycles de négociations, qui se déroulent depuis janvier dans de luxueux hôtels de la capitale éthiopienne, ont déjà coûté 17 millions de dollars, alors que les organisations humanitaires estiment que le pays va connaître rapidement la famine si la guerre ne cesse pas.
Le conflit, marqué par des massacres et atrocités sur des bases ethniques, a déjà fait des milliers, voire des dizaines de milliers de morts, et chassé de chez eux plus d'1,5 million de personnes.
"La patience des pays de la région et de la communauté internationale semble épuisée car ils n'ont vu aucun véritable résultat, ils ne voient que la famine qui menace et la poursuite des souffrances des populations" au Soudan du Sud, a lancé l'ambassadeur chinois auprès de l'Union africaine (UA), Xie Xiaoyan.
"Il est grand temps que cela s'arrête", a-t-il ajouté, critiquant la "vitesse d'escargot" des discussions.
La Chine a investi massivement dans le secteur pétrolier sud-soudanais, source de 98% des revenus du jeune pays, indépendant depuis juillet 2011, dont une grande partie de la production de brut est à l'arrêt en raison des combats.
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