La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a sévèrement mis en garde les tenants de la partition du pays, qui peine toujours à sortir du "chaos sécuritaire" et attendait mercredi la formation d'un nouveau gouvernement.
"Tous les indicateurs de notre société sont aujourd'hui au rouge et expliquent à eux seuls la difficile transition politique dont j'ai la charge", a constaté la présidente, dans un discours à la Nation prononcé mardi soir à l'occasion du 54e anniversaire de l'indépendance du pays en 1960.
Cette ancienne colonie française est plongée dans la violence depuis le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par les rebelles musulmans de la Séléka.Ceux-ci ont été évincés du pouvoir en janvier mais le pays reste déchiré par des affrontements entre Séléka et milices anti-balaka à dominante chrétienne, malgré une intervention armée de la France et de pays africains.
Face au "chaos sécuritaire" qui perdure, "la pire des menaces" est celle de la "partition agitée par des extrémistes en mal de pouvoir", a dénoncé Mme Samba Panza, en référence à certains leaders de la Séléka partisans d'une sécession du Nord.
Affaiblis et chassés de Bangui en janvier par l'intervention de l'armée française, les rebelles de la Séléka, après un désastreux passage aux affaires marqué par des pillages généralisés et de multiples exactions, ont trouvé refuge dans le nord du pays, où l'islam domine.
Plusieurs chefs militaires de la Séléka, en particulier les leaders de la branche "dure" du mouvement, soutiennent l'idée d'une partition entre le Nord et le reste de la Centrafrique, majoritairement chrétienne.
- 'Une imposture politique' -
Cette idée "est considérée par la majorité des Centrafricains comme une imposture politique", a rejeté Mme Samba Panza."Tous les Centrafricains devraient aujourd'hui s'engager à combattre farouchement ce projet funeste".
Elle a appelé à "plus de vigilance contre toutes les manipulations qui s'organisent chaque jour pour déstabiliser les autorités de la transition", et demandé à ses concitoyens d'aider les forces internationales à "extirper (des) quartiers les fauteurs de troubles".
Après un fragile accord de cessez-le-feu signé fin juillet à Brazzaville entre les protagonistes de la crise, la présidente de transition, arrivée au pouvoir en janvier avec le soutien de la communauté internationale, a nommé un nouveau Premier ministre en début de semaine.
Mahamat Kamoun, un musulman au profil de technocrate, aura pour priorité de faire appliquer l'accord de cessez-le-feu, déjà mis à mal par de nouvelles violences survenues la semaine dernière dans le Nord et à Bangui.
Proche collaborateur de Mme Samba Panza, M. Kamoun a également travaillé sous le régime du président Bozizé, et comme directeur de cabinet de l'ex-président et chef rebelle Michel Djotodia.Il n'est cependant pas membre de la Séléka.Sa nomination a surpris à Bangui, notamment au sein de la communauté internationale qui porte le pays à bout de bras.
La nouvelle équipe gouvernementale sera "plus large, plus étoffée", avec des "représentants crédibles des groupes armés", a assuré la présidente, affirmant cependant qu'il n'y pas de "prime à l'impunité".
La présence de ces groupes armés - Séléka et anti-balaka - au sein du nouveau cabinet est l'un des principaux enjeux des tractations en cours.
La Séléka a d'ores et déjà annoncé son refus d'y participer, estimant que son avis n'avait pas été pris en compte dans le choix du Premier ministre.
Une plate-forme regroupant les anciens partis d'opposition à François Bozizé, l'AFDT, a réclamé mercredi la suspension des discussions sur le futur gouvernement, et exigé l'implication du médiateur, le président congolais Denis Sassou Nguesso, pour régler l'épineuse question de la participation des mouvements armés.
Le nouveau Premier ministre aura la lourde tâche de redresser un Etat en totale décomposition et une économie en ruines, pour permettre en théorie l'organisation d'élections dès 2015.
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