Une faction du Front national de libération de l'Ogaden (ONLF), un mouvement sécessionniste de la région Somali d'Ethiopie, a signé mardi un accord de paix avec le gouvernement du Premier ministre Meles Zenawi, a constaté un journaliste de l'AFP.
La signature l'accord, une première depuis la création de ce mouvement rebelle en 1984, a eu lieu à Addis Abeba devant des journalistes et des diplomates accrédités en Ethiopie, entre le ministre des Affaires fédérales éthiopien, Shiferaw Teklemariam et le président du Conseil suprême de l'ONLF, Salahdin Abdurahman Maow.
Mais une autre partie de l'ONLF a immédiatement qualifié de "hors sujet" cet accord, le porte-parole du groupe séparatiste, Abderahmane Mahadi, estimant que les signataires "ne représentent personne", et que "les combats vont continuer", dans un entretien téléphonique à l'AFP depuis la Grande-Bretagne.
"Cet accord rend la paix irréversible.Nous allons maintenant nous concentrer sur le développement et la démocratie", a déclaré juste avant la signature Abay Tsehaye, conseiller à la sécurité du Premier ministre.
Pour M. Shiferaw, "la conviction des deux parties a permis une réconciliation historique dans la région.A partir de maintenant l'état d'insurrection est terminé" en Ogaden.
"Nous avons fini par comprendre la nature destructrice de la guerre, et la guerre n'est pas la seule solution aux problèmes", a pour sa part affirmé M. Maow.
"La Constitution éthiopienne fonctionne dans toutes les régions du pays sauf dans la nôtre.Nous voulons combler le fossé entre notre région et le reste de l'Ethiopie", a-t-il assuré jugeant que "ceux qui refusent le processus de paix doivent être traduits devant la justice et exclus de notre société".
Le porte-parole de la faction de l'ONLF qui poursuit le combat a pour sa part accusé une nouvelle fois les forces armées éthiopiennes de commettre des "crimes de guerre" en Ogaden.Il a affirmé que les signataires "sont utilisés par le gouvernement pour nous harceler" et qu'"il ne s'agit que d'individus qui veulent obtenir des sièges et avoir du pouvoir, et bien sûr l'argent est aussi très important".
Fin mai, M. Meles avait affirmé que des négociations étaient en cours avec le groupe rebelle, et fin juin, le gouvernement éthiopien avait annoncé la conclusion d'un accord prévoyant notamment une amnistie pour les combattants de cette faction de l'ONLF, qui représente selon les autorités environ 80% des rebelles.
Créé en 1984, l'ONLF affirme se battre pour obtenir l'indépendance de l'Ogaden, région majoritairement musulmane et peuplée de Somali, qu'ils estiment marginalisée par le régime d'Addis Abeba.
Le groupe rebelle a menacé à plusieurs reprises les entreprises étrangères qui prospectent le gaz et le pétrole dans cette région frontalière avec la Somalie.
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