Le premier procès civil d'un ancien détenu de Guantanamo démarre à New York

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NEW YORK (AFP)

 Le premier procès civil d'un ancien détenu de Guantanamo sur le sol américain s'est ouvert mardi à New York, l'accusation insistant sur l'appartenance à Al-Qaïda de l'accusé tanzanien Ahmed Ghailani, dont les avocats assurent qu'il n'était pas au courant de ce qui se tramait.

La sélection du jury, commencée le 22 septembre dernier, s'est achevée en fin de matinée, et les remarques préliminaires ont commencé à 14H00 (18H00 GMT).

"Nous allons prouver que les massacres perpétrés en Afrique de l'Est étaient l'oeuvre d'une cellule d'Al Qaïda et que cet homme, Ahmed Ghailani, était un membre essentiel de cette cellule", a lancé le procureur Nicholas Lewin en pointant du doigt l'accusé, qui était vêtu d'une chemise carcérale grise.

 "Lui et ses complices étaient engagés auprès d'Al Qaïda dans son but ultime de tuer des Américains", a-t-il ajouté

Ahmed Ghailani, 36 ans, est accusé d'avoir participé aux attentats contre des ambassades américaines qui avaient fait 224 morts en 1998 dans les capitales kenyane et tanzanienne.Il est le seul détenu de Guantanamo à avoir été transféré dans une prison fédérale américaine, en juin 2009.

Le juge Lewis Kaplan a rappelé que 286 chefs d'inculpation pèsent contre lui, dont ceux de "complot pour tuer des Américains", "complot en vue d'utiliser des armes de destruction massive", "pose de bombes dans des ambassades" et "meurtres".

Le procureur a indiqué que parmi les témoins, allaient notamment comparaître l'ancien chargé d'affaires des Etats-Unis à Dar es Salaam John Lange --présent au tribunal mardi--, qui a survécu à l'attentat, son ancienne secrétaire, un ancien garde et un ancien membre d'Al Qaïda qui va témoigner contre Ghailani.

Nicholas Lewin a rappelé que juste avant les explosions, Ghailani s'était envolé pour le Pakistan avec d'autres membres d'Al Qaïda.

Du côté de la défense, un avocat a soutenu que Ahmed Ghailani était à l'époque un très jeune homme qui s'était fait duper par des gens plus âgés que lui.

"Le gouvernement peut amener des centaines de témoins mais ce cas va se réduire à la question suivante: était-il au courant?Et à la fin du procès on se rendra compte que la réponse est non" a estimé cet avocat.

"Il faisait des courses pour eux mais il ne savait pas ce qu'il achetait", a assuré la défense.

Avant les remarques préliminaires, le juge Lewis Kaplan a donné des consignes aux 12 membres du jury et leurs six suppléants, dont l'anonymat est protégé même si on peut les voir dans la salle du tribunal.

Tout au long du procès, des auxiliaires de justice les raccompagneront le soir et iront les chercher le matin à des points de ralliement secrets, leur a rappelé le juge."Vous ne devez ni envoyer ni recevoir de courriels ou de tweets", leur a-t-il dit.

Au coeur du procès du Tanzanien Ahmed Ghailani se trouve le fait qu'il a passé cinq ans enfermé sans procès et a subi des "interrogatoires musclés", que ses avocats qualifient de torture, lorsqu'il était dans une prison secrète de la CIA entre 2004 et 2006.

Le début du procès à New York a été repoussé la semaine dernière, après que le juge eut refusé d'admettre un témoin clef de l'accusation, précisément parce que sa comparution était le résultat d'informations données par Ghailani à la CIA sous la contrainte.

Ce témoin, Hussein Abebe, a dit avoir vendu à l'accusé les explosifs qui ont servi aux attentats.Même si son témoignage avait été présenté comme crucial, le ministère public a renoncé dimanche à faire appel de la décision du juge, pour ne pas retarder le procès.

Ahmed Ghailani est également accusé d'avoir rejoint, après les attentats, Oussama ben Laden en Afghanistan, et de lui avoir servi de garde du corps.

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