La sécurité a été renforcée dans le nord du Nigeria après des attaques, dont celle lundi d'un commissariat de police, attribuées à la secte islamiste Boko Haram à l'origine d'émeutes meurtrières en 2009, a indiqué mercredi la police.
A Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno et épicentre des violences de 2009, des points de contrôle ont été dressés et la police patrouillait nuit et jour, selon des habitants.
Lors d'une conférence de presse dans cette ville, le responsable régional de la police, Mohammed Hadi Zarewa, normalement basé dans l'Etat de Bauchi, a expliqué prendre en charge temporairement la situation à Borno.
"Je suis venu pour prendre en main la sécurité de l'Etat, pour superviser les opérations de sécurité actuelles", a-t-il déclaré, ajoutant être accompagné de quatre unités de police, soit 240 hommes.
Lundi soir, des hommes munis de bombes artisanales ont pris d'assaut le commissariat de Gamboru, dans Maiduguri, qui a été entièrement détruit.
Deux policiers ont été blessés, a confirmé M. Zarewa.Mardi, une autre source policière avait indiqué que deux agents étaient portés disparus.
La police soupçonne Boko Haram, un mouvement se réclamant des talibans d'Afghanistan.En juillet 2009, la secte avait mené des attaques coordonnées contre des commissariats dans quatre Etats du nord.Les combats avec les forces de l'ordre, particulièrement intenses à Maiduguri où le fief de la secte a été démoli, avaient fait plus de 800 morts en quelques jours.
M. Zarewa a aussi indiqué que deux bombes avaient explosé dans deux quartiers de la ville la semaine dernière, sans faire de blessés.
"Tout indique que ces séries d'attaques ont été menées par des éléments hors la loi de Boko Haram", a-t-il affirmé.
La police a "procédé à de nombreuses arrestations" après l'attaque lundi et tente d'établir si des fidèles de la secte figurent parmi les détenus, a poursuivi M. Zarewa.
La presse nigériane rapportait mercredi que le gouvernement envisage de déployer des troupes fédérales à Maiduguri, une information qu'il n'a pas souhaité commenter.
Boko Haram refait parler d'elle de plus en plus fréquemment ces derniers mois.
Une série d'assassinats de policiers, d'hommes politiques et plus récemment d'un dignitaire musulman, commis par des hommes circulant à moto, à Maiduguri et dans d'autres villes du nord, lui ont été attribués par la police.
En septembre, des membres présumés de la secte ont attaqué une prison dans l'Etat de Bauchi, libérant plus de 700 détenus, dont une centaine seraient des fidèles.
Le mouvement, dont le nom signifie en langue haoussa "l'éducation occidentale est un péché", veut instaurer un Etat islamiste "pur" au Nigeria.
Les 150 millions de Nigérians se répartissent équitablement entre musulmans, majoritaires dans le nord et chrétiens, plus nombreux dans le sud.
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