Aïd al-Adha en Sierra Leone: le coeur à la fête mais Ebola toujours en tête

Infos. ...

Freetown (AFP)

Samedi en Sierra Leone, des milliers de musulmans ont célébré l'Aïd el-Adha à l'instar de leurs coreligionnaires à travers le monde, mais avec des mesures particulière d'hygiène et moins de contacts physiques.Pas question de prendre des risques "en ces temps difficiles d'Ebola".

A Freetown, les fidèles en beaux habits, agrémentés pour beaucoup d'hommes de chéchias et babouches, se sont pressés dans des mosquées, sur des terrains de sport dans les quartiers et même dans un stade national pour les prières du matin pour cette fête, la plus importante de l'Islam.

Dans les sermons, il a été inévitablement question de l'épidémie d'Ebola qui a endeuillé de nombreuses familles en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée, les plus affectés des cinq pays d'Afrique de l'Ouest où près de 7.500 cas ont été dénombrés.

Sur ce total, la fièvre hémorragique virale hautement contagieuse a tué 3.439 personnes, dont 623 en Sierra Leone, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) arrêté au 1er octobre.

Sur les sites de prières, des seaux d'eau avec du savon ou des solutions chlorées ont été mis à la disposition du public.Des groupes de jeunes ont été déployés pour s'assurer que personne n'oubliera de se laver les mains.

Au stade national, l'imam Sheikh al-Hassan a dirigé la prière souhaitant "la paix et la prospérité pour le pays durant ces moments difficiles d'Ebola".

"En ce jour de fête, n'oubliez pas que nous sommes confrontés à ce virus mortel.Nous devons nous protéger, ainsi que nos familles et les autres", a-t-il dit, s'aidant d'un porte-voix.Il faut "écouter les conseils donnés par les médecins", notamment "ne pas assister à des funérailles, ne pas toucher les cadavres, éviter les grands rassemblements".Mais aussi "continuer à prier pour le pays".

S'ils ont fait fi de la consigne d'éviter les grands rassemblements le temps de la prière, les fidèles ont cependant adopté de nouvelles habitudes, en se saluant désormais de loin, sans se serrer les mains. 

- Privés de hajj -

Les bénédictions de chefs religieux ont aussi été reçues à distance.Auparavant, la prière finie, on se précipitait au contact de l'imam et on échangeait les poignées de mains après la prière.Mais cette année, les fidèles ayant reçu la consigne stricte "de ne pas serrer la main des imams, parce que c'est un moyens de transmission d'Ebola", a précisé l'un d'eux.

"Ce n'est pas un signe de manque de respect mais pour nous protéger tous", a indiqué Sheikh al-Hassan."Nous savons que cela est étranger à notre culture, mais acceptons-le pour nous assurer de vaincre Ebola".

Dans des régions de l'est et du nord du pays, en quarantaine en raison d'Ebola, la fête a aussi été célébrée sans faste, d'après des habitants joints depuis Freetown.

A Kailahun (est), Foday Sajyma a trouvé que l'Aïd al-Adha, la fête du sacrifice, a été terne cette année."Les gens étaient d'humeur sombre, ils pensaient à tous ceux qui sont morts d'Ebola"."Après les prières collectives, ils sont rentrés chez eux en silence", a-t-il dit.

A Makeni (nord), selon Alpha Sillah, les fidèles ont prié à bonne distance les uns des autres et après la prière, "tout le monde est rentré tranquillement à la maison".

Pour beaucoup Sierra-Léonais, le coeur n'était pas à la fête bien avant samedi, ayant été privés du pèlerinage annuel du Hajj, plus grand rassemblement musulman au monde qui se déroule en Arabie saoudite.En raison d'Ebola, ce royaume a interdit l'entrée sur son territoire aux ressortissants de Guinée, du Liberia et de Sierra Leone.

D'après le ministre de la protection sociale Moijue Kaikai, "environ un millier de musulmans avaient rempli toutes les formalités requises" pour le Hajj lorsque la décision a été prise."C'est une situation triste, mais nous la comprenons".

En visite vendredi en Sierra Leone, le chef de la Mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola (UNMEER), Anthony Banbury, a réitéré son appel à la mobilisation collective et urgente pour enrayer l'épidémie.

"Plus vite nous agirons, plus nous sauverons de vies", a dit M. Banbury, qui s'est déjà rendu au Liberia et est attendu en Guinée la semaine prochaine.

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
Aïd al-Adha en Sierra Leone: le coeur à la fête mais Ebola toujours en tête