Ebola: le gouvernement du Liberia veut chasser les médias des centres de traitement

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Monrovia (AFP)

Le gouvernement du Liberia a interdit vendredi l'accès des journalistes aux centres de traitement d'Ebola, empêchant les médias de couvrir un mouvement de grève dans une clinique de la capitale, Monrovia.

Médecins Sans Frontières (MSF), qui gère un centre d'une capacité actuelle d'environ 250 lits à Monrovia, a écrit au gouvernement pour s'assurer qu'il ne serait pas concerné par cette mesure, ont indiqué à l'AFP des sources au sein de l'ONG.L'ONG n'a pas encore reçu de réponse.

"Les journalistes ne sont plus autorisés à entrer dans les centres de traitement d'Ebola", a déclaré à la radio Sky FM le porte-parole du gouvernement, Isaac Jackson, accusant les médias de "dépasser les bornes".

"Ils violent l'intimité des gens, prennent des photos pour les vendre à des institutions internationales.Nous mettons fin à tout ça", a-t-il lancé en réponse à une question après que des journalistes venus couvrir un mouvement de protestation des personnels de santé se sont vu refuser l'accès à la clinique Island à Monrovia vendredi.

"Il n'y a pas de protestation, tout se passe bien avec les personnels de santé et les patients sont bien soignés", a assuré M. Jackson au sujet de cet établissement ouvert en urgence le 21 septembre et administré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sommant les journalistes de le croire sur parole.

Les personnels de santé au Liberia ont décrété un mouvement de grève perlée à travers le pays pour réclamer des primes de risque en raison de l'épidémie.

"La plupart des employés ne viennent plus travailler et ceux qui le font ne travaillent pas", a déploré le directeur médical ougandais de la clinique Island, le Dr Atai Omoruto.

"Nous avons dû admettre jusqu'à 300 patients au lieu de 150 à cause de l'afflux énorme de gens.Mais nous ne pouvons plus accueillir aucun nouveau malade parce qu'il n'y a personne pour s'en occuper", a-t-il déclaré à une radio locale.

Un représentant du personnel, Alphonso Wesseh, a affirmé à l'AFP que celui-ci "ne pouvait plus travailler dans ces conditions", accusant les autorités de "rester insensibles à leur sort".

Intervenant par visioconférence à une réunion sur Ebola organisée jeudi à Washington par la Banque mondiale, la présidente Ellen Johnson Sirleaf a réclamé des fonds pour pouvoir notamment "dédommager les personnels de santé qui par crainte du risque ont refusé de reprendre le travail ou hésitent à le faire".

Selon un communiqué de Reporters sans frontières (RSF) mercredi, "dans les pays d'Afrique de l'Ouest où sévit l'épidémie d'Ebola, les médias font les frais de la panique générale".

Au Liberia "les journalistes doivent désormais obtenir une autorisation officielle du ministère de la Santé pour réaliser des interviews ou prendre des photos à l'intérieur des hôpitaux.Plus grave encore, le personnel médical a interdiction de communiquer directement avec les médias", souligne RSF. 

En Guinée le 4 octobre, des journalistes et avocats venus enquêter dans la localité de Womey (sud) sur le meurtre par des habitants de huit membres d'une délégation de sensibilisation à Ebola en septembre en ont été empêchés par les forces de l'ordre, déplore l'ONG. 

Un correspondant de l'AFP qui faisait partie du groupe a précisé qu'ils avaient été interrogés pendant plusieurs heures par les gendarmes, et que les cartes mémoire leurs appareils photo et caméras avaient été confisquées.

Selon le dernier bilan d'étape publié mercredi par l'OMS, le Liberia, le plus touché par l'épidémie, compte 620 lits pour des besoins estimés à 2.930, soit à peine 21 %.

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