Face au manque de soignants dans les trois pays d'Afrique de l'Ouest en proie au virus Ebola, un "défi majeur", selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'Union africaine a promis jeudi l'envoi de plus d'un millier de personnels de santé.
La Commission européenne a annoncé le déblocage de 24,4 millions d'euros "pour donner un coup de fouet" à la recherche."Nous sommes engagés dans une course contre la montre concernant Ebola, et il nous faut à la fois faire face à la situation de crise et trouver une réponse à long terme", a résumé son président, José Manuel Barroso.
"Plusieurs Etats membres africains se sont engagés à envoyer des personnels de santé au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, y compris la RD Congo (République démocratique du Congo, RDC) qui en enverra 1.000 en trois groupes", en commençant par un contingent de 200, a affirmé la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma.
"Bien que nous attendions d'autres réponses, l'Afrique de l'Est a promis plus de 600 personnels de santé" la semaine dernière, a rappelé la présidente de la Commission de l'UA, à Freetown, première étape de sa tournée des trois pays africains touchés.
Les renforts africains "seront d'abord formés dans leur pays.Nous voudrions toutefois être sûrs qu'ils ont un logement et un endroit où travailler", a précisé Mme Dlamini-Zuma, sans évoquer de calendrier.
"Nous avons remarqué que la communauté internationale réagissait avec davantage d'infrastructures mais pas beaucoup de personnels de santé.Et les infrastructures sont vitales pour avoir des centres de traitement et des hôpitaux, mais si ces infrastructures n'ont pas de personnel, c'est du gaspillage", a-t-elle expliqué.
Cuba, qui a déployé au début du mois 165 médecins et infirmiers en Sierra Leone, en a acheminé mercredi 83 supplémentaires, 49 au Liberia et le reste en Guinée.
- 'Inflexion' espérée d'ici à décembre -
Il est "terriblement difficile de trouver assez de personnels soignants" pour venir lutter contre Ebola, a reconnu le directeur général adjoint de l'OMS, le docteur Keiji Fukuda, y voyant "un défi majeur" pour enrayer la propagation.
Selon le dernier bilan de l'OMS, 443 soignants ont contracté le virus, qui a tué 244 d'entre eux.
L'épidémie, la pire de l'histoire de cette fièvre hémorragique découverte en 1976 en RDC, représente toujours une urgence mondiale, a conclu le comité d'urgence de l'organisation, qui réunit les meilleurs experts mondiaux en matière de santé publique et d'épidémie.
"D'ici début décembre, nous espérons voir une inflexion dans la courbe", a indiqué le Dr Fukuda, alors que le cap des 10.000 cas est pratiquement atteint, ce bilan incluant près de 4.900 morts.
Au Liberia, le pays le plus touché, avec 2.705 morts pour 4.665 cas, la présidente Ellen Johnson Sirleaf a appelé à un strict contrôle des frontières avec la Sierra Leone et la Guinée afin d'empêcher une résurgence du virus dans les rares régions où l'épidémie recule.
"Nous allons nous assurer que les agents d'immigration protègent les frontières.Nous savons que nous avons des frontières poreuses, dans beaucoup d'endroits, on peut les franchir sans passer par les points d'entrée officiels", a déclaré Mme Sirleaf sur la radio nationale ELBC.
Elle s'exprimait sur la province de Lofa, limitrophe de la Guinée, où sont apparus les premiers cas au Liberia en février, et où quasiment aucun nouveau cas n'a été signalé depuis trois semaines, appelant ses homologues guinéen et sierra-léonais à la vigilance pour préserver cet acquis.
Malgré l'augmentation des moyens dans les trois pays, l'OMS souligne qu'un quart seulement des 4.700 lits nécessaires dans les centres de traitement pour parvenir à l'objectif de l'ONU d'isoler 70 % des malades d'ici au 1er décembre sont actuellement disponibles.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.