Bénin: à Cotonou, des milliers de déplacés après les inondations

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COTONOU (AFP)

De de la tôle ondulée, des bouts de bois, des hommes dormant sur le sol.Dans l'urgence, une centaine de familles déplacées par les inondations au Bénin ont érigé des abris temporaires au bord de la chaussée, dans le quartier de Vossa, à Cotonou.

"J'ai deux enfants qui sont morts par noyade le 2 octobre dernier suite à la pluie qui s'est abattue sur Cotonou.Depuis j'ai fui, ma maison est détruite et je suis là, depuis, sans aucun repère", témoigne Delphine Béhanzin.

"Je suis perdue, ils étaient ma raison de vivre", dit cette femme de 37 ans assise sous une petite structure, à l'ombre du soleil.Ses enfants avaient cinq et deux ans.

Comme elle, près de 100.000 personnes au Bénin ont perdu leur logement à cause des inondations qui affectent le pays depuis le début du mois et qui ont fait 43 morts selon l'ONU.

Cette année, des pluies diluviennes se sont abattues sur le petit pays ouest-africain traversé dans sa longueur par le fleuve Ouemé qui est sorti de son lit en de nombreux endroits.

Cotonou, située à son embouchure, n'a pas été épargnée et un peu partout, en périphérie, des "camps" comme celui de Vossa ont poussé ces dernières semaines.Le centre-ville en revanche n'a pas été touché.

La saison des pluies a provoqué des inondations dans de vastes zones d'Afrique de l'Ouest et le Bénin a été le plus concerné avec 360.000 sinistrés selon l'ONU.

Le quartier de Vossa est situé dans une zone marécageuse et les déplacés n'ont pour l'heure aucune protection contre les moustiques.

"Les zones de réinstallation qu'ils ont choisies sont insalubres et infestées de moustiques", déplore le Dr Paulin Houénassi de la Croix-Rouge béninoise.

"Ce qui est à craindre dans les jours à venir c'est que nous fassions face soit à des épidémie de paludisme, soit à des cas de choléra", dit-il.

Accompagné d'une petite équipe médicale, il est venu dresser un constat des besoins.

Quelque 800 cas de choléra ont été recensés, dont sept mortels, selon l'ONU, qui a jugé lundi la situation humanitaire "de plus en plus inquiétante".

Les deux-tiers du pays de 8,8 millions d'habitants ont été touchés par ces inondations.

Aïcha, 26 ans, debout dans la rue, ne sait plus quoi faire de ses journées.Les crues ont emporté son petit commerce de fruits saisonniers."Les aides que les gens disent distribuer ne nous parviennent pas et tout le monde reste sourd à nos appels à l'aide", estime-t-elle, en plein désarroi.

Les organisations humanitaires affirment rencontrer des difficultés logistiques.Le pays ne disposait pas de stocks suffisants pour une telle situation d'urgence."Le principal souci que nous avons, est que le Bénin n'est pas un pays d'urgence", explique ainsi Kémoral Jadjombaye, du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), au Bénin.

Vivres et équipements supplémentaires ont été demandés auprès du bureau régional de l'ONU au Ghana et devraient être acheminés vers Cotonou dans la semaine, assure-t-il.

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