Ebola: un Noël sans éclat au Liberia

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Monrovia (AFP)

"Joyeux Noël!" Comme ailleurs dans le monde, le v�?u a été entendu au Liberia.Mais cette année, la célébration a manqué d'éclat à cause d'Ebola qui a fait des milliers de morts en Afrique de l'Ouest, affecté les affaires dans la région et terni la fête à Monrovia.

Depuis la fin des guerres civiles au Liberia, qui ont fait de 1989 à 2003 quelque 250.000 morts, "c'est le pire Noël qu'on a connu", déclare Isaac Chea, petit commerçant de capitale.

A cause d'Ebola, ajoute-t-il, "tant de gens sont morts", les marchés ont connu une forte baisse de fréquentation "et nous, les vendeurs, nous n'avons pas fait de bonnes affaires pour Noël".

Cette année, les décorations festives de la fin de l'année ont été écrasées par les affiches et messages de sensibilisation sur Ebola, virus ayant causé en un an au moins 7.588 morts dans plusieurs pays, à 99% dans trois Etats voisins: Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, d'après un bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) diffusé mercredi.

Le Liberia compte à lui seul près de 45% des décès (3.384 sur 7.588) mais les nouvelles contaminations sont à la baisse, selon l'OMS.

Contrairement aux années précédentes, Sunny Fassiah, 53 ans, n'a pas acheté de cadeaux cette année et a préféré consacrer ses dépenses de Noël à la nourriture."Nous sommes en période d'urgence.(...) Ebola est encore présent dans le pays, il faut garder la grande partie de l'argent pour les mesures de prévention" et de traitement.

Josephine Tarplah, 35 ans, a décidé la même chose avec son mari, n'étant pas en mesure d'offrir des cadeaux à leurs trois enfants.

"C'est la fête de Noël aux couleurs d'Ebola", plaisante-t-elle, indiquant qu'elle s'est organisée pour préparer "un bon plat pour toute la famille": le riz gras, appelé localement "Joloff Rice".

Elle a fait les courses à Monrovia à quelques heures du réveillon de Noël, accompagnée d'un de ses fils, Michael, 5 ans.Sa liste d'achat comprenait "deux poulets, de la viande de b�?uf et du poisson", mais aucun jouet.

L'absence de cadeaux ne semblait cependant pas attrister outre mesure Michael, qui assure même que ses frères et lui sont "contents"."Nous allons bien manger, nous ne sommes pas fâchés", dit-il, accroché au bras de sa mère.

 

- "Personne ne sort" -

 

Habituellement, la chef de l'Etat Ellen Johnson Sirleaf recevait pour Noël à la présidence des enfants pour leur distribuer des cadeaux.Ce rendez-vous a été annulé cette année à cause d'Ebola.

Dans les rues de Monrovia, le c�?ur n'était pas vraiment à la fête non plus.Il y a bien eu de petits groupes comprenant essentiellement des jeunes et des enfants arborant masques et déguisement, qui ont dansé pour amuser le public et récolter de l'argent pour financer les achats de Noël, mais ils n'ont pas atteint la même ampleur que dans le passé et la moisson a été morose.

Les résidents de la capitale et ses banlieues ont surtout vu des équipes anti-Ebola dans les principales artères et dans les quartiers, sensibilisant sur le virus, appelant les populations à la vigilance particulièrement pour la période des fêtes.

La mission de l'ONU au Liberia (Minul) a exhorté à une vigilance accrue durant la période des fêtes, en annonçant mercredi un nouveau cas d'Ebola parmi ses personnels, le quatrième depuis octobre : deux des malades sont décédés, le troisième a été traité avec succès et est sorti d'hôpital plus tôt dans la semaine.

Par mesure de prudence, Samuel Streete, un ingénieur, a interdit à ses enfants de participer aux célébrations de rue: "Personne ne sort", leur a-t-il dit, "nous allons rester à la maison pour regarder des films toute la journée.(...) On ne peut pas célébrer Noël comme on le faisait avant à cause d'Ebola."

En dépit d'un Noël morose, les Libériens ont au moins eu la liberté de célébrer la fête comme ils le souhaitaient, contrairement à leurs voisins sierra-léonais ou aux habitants de Conakry, capitale de la Guinée, qui, eux, ont été privés de festivités, souligne Samuel Streete.

"La situation est difficile", certes, "mais par rapport à la Sierra Leone et à la Guinée, nous, ici, au Liberia, nous disons Dieu merci", avance-t-il.

 

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