Les Zambiens votaient mardi pour désigner leur président jusqu'à l'an prochain afin de remplacer Michael Sata, décédé fin octobre, le principal candidat de l'opposition dénonçant des irrégularités dès la mi-journée.
Le vainqueur, élu à la majorité simple, dirigera la Zambie jusqu'en septembre 2016, fin du mandat de cinq ans que n'a pas achevé Michael Sata.
Deux personnalités se détachent parmi les onze candidats en lice: le ministre de la Défense Edgar Lungu, un juriste de 58 ans, défend les couleurs du Front patriotique (FP) de feu M. Sata. Face à lui, l'homme d'affaires Hakainde Hichilema, 52 ans, est le candidat du Parti de l'unité pour le développement national (UNPD).
Hakainde Hichilema s'est ému de ce que des bureaux de vote de régions isolées n'aient toujours pas reçu de bulletins à la mi-journée.
"Pourquoi n'y a-t-il pas de bulletins dans nos fiefs, quelqu'un manigance quelque chose.C'est de la fraude", a dénoncé "HH" après avoir voté à Lusaka.
Le scrutin est ouvert, et la plupart des observateurs croient aux chances de M. Hichilema.S'il venait à l'emporter, ce serait la troisième alternance démocratique en Zambie en vingt-cinq ans, un exploit en Afrique où nombre de partis sont au pouvoir depuis plusieurs décennies sans discontinuer.
Les habitants de la capitale se rendaient en masse pour accomplir leur devoir électoral, malgré le froid et la pluie.
"Mon vote va faire la différence, nous allons nous débarrasser de la famille" PF, a assuré Matron Siyasiya, une vendeuse de légumes."Ils peuvent se vanter de tout leur bon travail, mais la faveur de Dieu va à mon candidat, HH."
"Repartir à zéro"
Mais Grace Nyirongo, qui vend des plats à emporter, dit au contraire qu'elle était satisfaite du bilan du gouvernement sortant, qui a appelé à voter pour la continuité.
"Nous voulons que le gouvernement poursuive les projets initiés par Sata.Franchement il n'y a pas besoin de repartir à zéro", note-t-elle.
Debout, trempé, dans la boue, Allan Kabwe, un fervent partisan du Front patriotique, ne veut pas se laisser décourager par les éléments: "Je sais que beaucoup de gens seront découragés, mais dès que j'aurai fini de voter, je ferai du porte-à-porte pour encourager les gens à venir voter.Nous devons mettre Edgar (Lungu) à State House", le palais présidentiel.
"J'espère que les partisans de l'UPND ne viendront pas", ajoute ce vendeur de rue.
Hakainde Hichilema s'est imposé comme challenger en profitant des déchirements du Mouvement pour une démocratie multipartite (MMD) de Rupiah Banda, l'ancien président battu par M. Sata en 2011.
Mais M. Banda, qui n'a pas pu se représenter, a appelé à voter pour Edgar Lungu, bien qu'il ait été traîné en justice --accusé de corruption-- sous son successeur, dont les opposants dénonçaient les tendances totalitaires.
La perspective d'une victoire de l'opposition a par ailleurs forcé le Front patriotique à serrer les rangs, alors qu'il était profondément déchiré, ses dirigeants en étant même venus à s'expliquer devant les tribunaux.
Se réconciliant à la dernière minute avec le président par intérim Guy Scott --un Blanc d'ascendance écossaise qui ne pouvait pas se présenter car ses parents n'étaient pas nés en Zambie--, Edgar Lungu s'est finalement posé en rassembleur, affirmant qu'il formerait un gouvernement de large union s'il était élu.
"Michael Sata est toujours l'esprit de ce parti", a lancé M. Scott lors du dernier meeting lundi.
Quelque 5,2 millions d'électeurs zambiens sont appelés aux urnes jusqu'à 16H00 GMT.Les premiers résultats sont attendus dans les 48 heures.
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