Les Casques bleus de l'ONU en RD Congo ont tué samedi huit membres d'un groupe de miliciens congolais Maï-Maï présumés qui ont attaqué leur base dans l'est du pays, plus de deux mois après une autre attaque qui avait fait trois morts parmi les soldats de la paix.
Samedi, vers 22H30, "une cinquantaine d'hommes armés de fusils (kalachnikov) AK47 et d'armes de fabrication locale", ont attaqué la base de l'ONU à Rwindi (est), dans la province du Nord-Kivu, a indiqué lundi la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) dans un communiqué.
Malgré des "sommations répétées" des Casques bleus, les assaillants ont fait feu sur les soldats onusiens et "tenté de pénétrer de force dans l'enceinte de la base", est-il ajouté.
Les militaires de l'ONU ont alors riposté et sont parvenus à faire fuir les agresseurs après un échange de tirs qui a duré de "15 à 20 minutes", selon la Monusco.
L'attaque a fait huit morts et deux blessés parmi les assaillants, qui, "selon les premières indications, semblent appartenir à un groupe Maï-Maï", a précisé la mission onusienne, qui ne fait pas état de blessé parmi les soldats de la paix.
Les deux blessés ont été retrouvés lors de recherches menées dans la zone, située dans le Parc national des Virunga, avec l'aide de gardes du parc.Ils ont été transportés à l'hôpital de Rutshuru, le chef-lieu du territoire du même nom où l'attaque s'est produite, à 135 km au nord de Goma, la capitale provinciale.
Deux fusils AK47, 752 cartouches de ce type d'arme, trois machettes, une grenade et des explosifs ont également été récupérés, selon la Monusco.
L'armée congolaise a également "capturé plusieurs autres individus qui sont actuellement en détention", est-il précisé.
Cité dans le communiqué, le patron de la mission onusienne, l'Américain Roger Meece, a "condamné avec la plus grande fermeté" cette attaque, la deuxième en plus de deux mois menée contre une base de l'ONU dans cette région instable.
Le 18 août, trois Casques bleus indiens avaient été tués à l'arme blanche et sept autres blessés lors de l'attaque, par une soixantaine de miliciens Maï-Maï, de la base de Kirumba, à une trentaine de km au sud de Rwindi.
Les assaillants portaient des coiffes en raphia sur la tête et "interprétaient des chants Maï-Maï (eau en swahili)", avaient alors indiqué le chef de la cité de Kirumba.
Milices d'autodéfense locales, les Maï-Maï ont des croyances qui reposent essentiellement sur la magie (ils s'aspergent par exemple d'une mixture avant les combats pour se "protéger" des balles).
Anciens supplétifs de l'armée congolaise, ils agissent dans certains zones du Nord et du Sud-Kivu en coalition avec les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), traqués comme eux par les troupes de Kinshasa depuis début 2009.
Avant 2009, Maï-Maï et FDLR aidaient l'armée congolaise à lutter contre l'ancien mouvement rebelle congolais du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), qui s'est rallié en début d'année dernière à Kinshasa.
Avec un effectif de près de 18.000 hommes, basée principalement dans l'est, la Monusco est l'une des plus importantes missions de l'ONU dans le monde.
Elle appuie logistiquement certaines opérations menée par l'armée congolaise contre les groupes armés.
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