Tunisie: Boukadous toujours en grève de la faim malgré sa mauvaise santé

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TUNIS (AFP)

Le journaliste et opposant tunisien emprisonné Fahem Boukadous est entré lundi dans son dix-neuvième jour de grève de la faim pour exiger sa libération et protester contre les mauvaises conditions de sa détention, a indiqué lundi son épouse.

"Fahem continue sa grève de la faim malgré une grave détérioration de son état de santé", a rapporté à l'AFP Afef Bennaceur, qui venait de rencontrer son mari à la prison de Gafsa (350 au sud-ouest de Tunis).

Selon elle, le prisonnier qui s'abstient non seulement de boire et de manger mais refuse de prendre des médicaments, a fait des crises d'asthme sévères dont la dernière l'a conduit à l'hôpital samedi.

"Il a perdu au moins 5 kilos et son état physique et psychologique est très préoccupant", a-t-elle affirmé.

Le journaliste qui a commencé le 8 octobre une "grève illimitée" est bien décidé à "obtenir sa libération ou à se laisser mourir", selon son épouse.

Fahem Boukadous, 40 ans, purge une peine de quatre ans de prison à laquelle il avait été condamné le 6 juillet notamment pour "diffusion d'information susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens".

La Ligue tunisienne de la défense des droits de l'Homme et le Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale) ont appelé à "la libération immédiate" du journaliste.

L'organisation de défense de la presse Reporters sans frontières a également mobilisé pour sa libération et fait état dans un communiqué, vendredi, de vexations à l'encontre de son épouse.

Fahem Boukadous avait été reconnu coupable de "diffusion d'information susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens" et de "constitution d'une entente criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et aux biens".

Selon ses défenseurs, il a été puni pour la couverture des manifestations sociales survenues en 2008 dans la région minière de Gafsa pour le compte d'une chaîne satellitaire de la dissidence.

Les autorités tunisiennes dénient la qualité de journaliste à M. Boukadous et considèrent qu'il a été impliqué dans les troubles et donc jugé pour "des infractions de droit commun sans rapport avec ses activités journalistiques".

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