Le nouvel émir de Kano, deuxième dignitaire religieux musulman du Nigeria, a été intronisé samedi devant des milliers de personnes dans cette ville du nord du pays, a constaté un journaliste de l'AFP.
Ancien gouverneur de la Banque centrale nigériane, Sanusi Lamido Sanusi désormais appelé Muhammad Sanusi II de son nom d'émir, a reçu les symboles de son autorité, assimilable à une royauté, des mains du gouverneur de l'Etat de Kano, Rabiu Kwankwaso.
Le Nigeria compte plus de 80 millions de musulmans (sur une population globale d'environ 173 millions d'habitants), vivant en majorité dans le nord.Après le sultan de Sokoto, l'émir de Kano est le plus important chef musulman du pays.
La cérémonie d'intronisation de Muhammad Sanusi II s'est déroulée dans une salle de 1.200 places spécialement construite pour l'occasion, accessible sur invitation et placée sous forte surveillance sécuritaire.
Mais des milliers d'habitants de Kano, la plus grande ville du nord, se pressaient autour de la salle pour assister à l'intronisation, marquée par des salves de tirs de fusils et en musique, au son de tambours, trompettes, flûtes ainsi que de youyous de femmes.
La cérémonie s'est tenue plus de sept mois après la désignation du nouvel émir, qui succède à Ado Abdullahi Bayero, décédé en juin 2014 à l'âge de 83 ans dont 51 dans ces fonctions.
M. Sanusi, qui devient ainsi le 57e émir de Kano depuis le 10e siècle, est le petit-fils du frère de M. Bayero.
Il était en compétition pour le trône notamment avec Aminu Ado Bayero, un des fils du défunt émir, ayant un titre royal et très populaire dans le district de Kano qu'il dirige.
Quelques mois avant la fin de son mandat à la tête de la Banque centrale, Sanusi Lamido Sanusi avait été suspendu en février 2014 par le président nigérian Goodluck Jonathan, lui reprochant des "imprudences" en matière de finances, peu après qu'il a dévoilé un énorme scandale de détournement de fonds publics, à hauteur de 20 milliards de dollars.
Durant son intronisation, le nouvel émir a invité les populations à oeuvrer notamment contre les problèmes sociaux et de sécurité.
Il a aussi exhorté à l'apaisement en vue des élections présidentielle, législatives et sénatoriales, programmées le 14 février mais dont plusieurs acteurs politiques et sécuritaires réclament le report.
La commission électorale, habilitée à en décider, doit se prononcer dans les prochaines heures sur leur report ou leur maintien.
"Nous appelons les hommes politiques à agir dans la paix" et "à s'abstenir de tout ce qui pourrait rompre la paix dans le pays", a-t-il insisté.
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