Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de Guinée a proposé mardi à Conakry que le second tour de l'élection présidentielle dans ce pays, reporté deux fois, ait lieu le 31 octobre, date contestée par l'un des candidats, Cellou Dalein Diallo.
Le général malien Siaka Sangaré, nommé il y a une semaine à la tête de la Céni, a dit avoir fait cette proposition après "une concertation approfondie" avec l'ensemble des acteurs de la vie politique guinéenne, dont les deux candidats en lice pour ce second tour, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé.
Il a précisé avoir déjà "formellement présenté" cette proposition au président de la transition guinéenne, le général Sékouba Konaté, auquel il appartient ou non de l'officialiser par décret.
Cellou Dalein Diallo, arrivé en tête du 1er tour le 27 juin, a contesté cette proposition.
"Je pense que la date est trop proche.C'est la première fois que je demande un report, mais la situation requiert du temps pour panser les plaies et restaurer la confiance entre les citoyens et les communautés", a-t-il dit.
M. Diallo, d'ethnie peule, a évoqué des "déplacements massifs de populations" qui ont fui les violences de ces derniers jours dans l'est du pays et ne pourraient en conséquence pas voter dimanche.
Son adversaire, Alpha Condé, d'ethnie malinké, a affirmé n'avoir "aucune objection" à ce que le scrutin ait lieu dimanche.
Le général Sangaré a fait son annonce au Palais du peuple (ancienne assemblée nationale) devant le Premier ministre Jean-Maris Doré et les membres de son gouvernement, les deux candidats en lice, le Conseil national de la transition (CNT, qui fait office de Parlement), le chef d'état-major de l'armée, des diplomates et représentants d'organisations internationales.
Au premier tour du 27 juin, l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo avait obtenu 43% des voix contre 18% à l'opposant historique, Alpha Condé.
Ce scrutin, déjà reporté en septembre, doit mettre fin à 26 années de régimes militaires.Il est d'autant plus attendu que l'activité économique est quasiment à l'arrêt et les habitants lassés de vivre sous tension.
En fin de semaine, des affrontements entre partisans des deux candidats Condé, ainsi que des attaques visant spécifiquement les Peuls, l'ethnie de M. Diallo, ont eu lieu dans plusieurs villes de Moyenne Guinée et de Guinée forestière.
Les deux candidats ont appelé leurs militants au calme tout en continuant à s'invectiver par médias interposés.
Cellou Dalein Diallo a "déploré l'irresponsabilité des membres de l'Arc-en-ciel (alliance pro-Condé, ndlr) qui ont fait de l'incitation à la haine ethnique", a-t-il accusé devant des journalistes.
Porte-parole de l'alliance soutenant l'opposant historique Alpha Condé, François Lonseny Fall a répondu refuser "cette logique de victimisation d'une ethnie".
"Je ne crois pas que ce soit des attaques pour des problèmes ethniques", a-t-il dit à l'AFP à propos des violences."Nous sommes dans une période de vive tension entre militants des deux camps, nous essayons de calmer les esprits et refusons systématiquement la logique ethnique".
Amnesty International a dénoncé "l'usage excessif de la force" par l'armée et la police et demandé que le gouvernement enquête sur des violences commises la semaine dernière à Conakry qui, selon Amnesty, ont fait "un mort, environ 60 blessés et plus d'une centaine d'arrestations".
La Guinée est menacée par un coup d'Etat militaire ou une guerre civile si la transition démocratique échoue, à cause "d'une dangereuse spirale de la violence ethnique", a averti pour sa part une ONG panafricaine basée à Dakar, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho).
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