L'avocat de deux vedettes de l'audiovisuel tunisien a demandé lundi leur libération et assuré que la présidence tunisienne "n'avait absolument rien à voir" avec leur inculpation pour escroquerie, usurpation d'identité et offense au chef de l'Etat.
"J'ai déposé vers 16H00 (15H00 GMT) une demande de remise en liberté provisoire (...) J'ai une confiance absolue dans la justice dans la mesure où ce dossier entre dans le cadre du journalisme d'investigation d'une grande affaire de corruption", a déclaré à l'AFP l'avocat Fethi Mouldi.
Il n'a cependant pas souhaité divulguer de détails sur le dossier sur lequel enquêtaient ses clients.
Me Mouldi a souligné que la présidence tunisienne "n'avait absolument rien à voir dans cette histoire", le chef de l'Etat n'étant "ni demandeur, ni plaignant, ni victime"."Le parquet a ratissé large" lorsqu'il a décidé des inculpations, a estimé l'avocat.
Deux vedettes de l'audiovisuel tunisien, l'animateur Moez Ben Gharbia et l'imitateur Wassim Lahrissi, et un de leurs collaborateurs, Abdelhak Toumi, ont été placés en détention provisoire vendredi dans l'attente de leur procès le 25 mars.
Selon le parquet, M. Ben Gharbia, qui est sur le point de lancer sa propre chaîne de télé, a demandé à l'imitateur de se faire passer pour le président Béji Caïd Essebsi lors d'une conversation téléphonique avec un homme d'affaires à la réputation sulfureuse.
Dès vendredi, la présidence tunisienne s'était dite étrangère à cette affaire et avait affirmé que "la liberté de la presse et d'expression (étaient) un acquis que le président de la République s'est engagé à défendre".
Me Mouldi s'est dit convaincu que ses clients allaient être blanchis car le dossier de l'accusation ne contient, selon lui, "aucun plaignant, aucune victime, pas un sou n'a été demandé ou donné".
Selon l'avocat, le dossier de l'accusation n'apporte aucune précision sur les éléments à charge contre les trois suspects, se bornant à faire état "d'informations policières".
Le parquet, contacté par l'AFP à plusieurs reprises, s'est refusé à tout commentaire, arguant du secret de l'enquête.
L'offense au chef de l'Etat est passible de trois ans de prison (article 67 du code pénal), l'usurpation de titres de deux ans (article 159) et l'escroquerie de cinq ans (article 291).
La Tunisie, qui vient d'achever sa transition postrévolutionnaire avec des législatives et une présidentielle au dernier trimestre 2014, a été louée dans le monde entier pour ses progrès démocratiques après des décennies de dictature.
Elle fait figure d'exception parmi les pays du Printemps arabe qui ont basculé dans la répression ou la guerre.
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