Au moins cinq personnes ont été tuées à la machette mercredi en territoire de Beni, région de l'est de la République démocratique du Congo théâtre depuis plus de six mois de fréquents massacres attribués à des rebelles ougandais, a-t-on appris de source officielle.
"Cinq civils ont été tués à la machette dans la localité de Mbau", à une trentaine de km de Beni, la grande ville du nord de la province du Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP Amisi Kalonda, l'administrateur du territoire.
Les victimes ont été tuées "ce matin vers 09h00 [07h00 GMT] alors qu'elles se rendaient aux champs", a ajouté M. Kalonda, joint par téléphone à Beni à partir de Goma, la capitale provinciale, environ 250 km plus au sud, sans s'avancer sur l'identité des meurtriers.
Les forces de l'ordre ont été alertées par un villageois ayant réussi à échapper aux assaillants, a précisé M. Kalonda, "l'armée est arrivée et est revenue avec trois blessés et cinq corps décapités".
Selon Teddy Kataliko, président de l'ONG locale Société civile du territoire de Beni, le bilan du drame serait plus élevé et s'élèverait à "dix morts".
"D'autres corps ont été retrouvés" dans les environs au cours des recherches des forces de l'ordre, affirme-t-il, appelant "les autorités locales à veiller à la sécurité des habitants".
Pour M. Kataliko, ce nouveau massacre est le fait des rebelles musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF).Cette milice opposée au président ougandais Yoweri Museveni et présente au Congo depuis 1995 est accusée d'être responsable des tueries aveugles ayant endeuillé la région à répétition depuis le mois d'octobre.
D'octobre à décembre, plus de 260 personnes, essentiellement des civils (hommes, femmes et enfants), y ont été tuées dans une succession de massacres commis principalement à l'arme blanche.
En décembre, une opération conjointe de l'armée congolaise et de la Mission de l'ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) avait contribué à ramener le calme.Les tueries n'ont cependant pas cessé complètement et se sont étendues aux zones limitrophes de la Province-Orientale au tournant de l'année.
Depuis le 1er janvier, une quarantaine de personnes au moins ont ainsi péri dans des attaques similaires dans le territoire de Beni ou en Province-Orientale.
Les relations entre la Monusco et les autorités congolaises se sont nettement détériorées au début de l'année, sur fond de désaccord sur la façon de mener à bien l'offensive contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) réclamée avec insistance par la communauté internationale pour mettre hors d'état de nuire ces rebelles hutu rwandais présents dans l'est du pays depuis plus de vingt ans.
Selon plusieurs diplomates en poste à Kinshasa, le renouvellement du mandat de la Monusco pour un an fin mars par le Conseil de sécurité, n'a pas amélioré les choses, et les Casques bleus et l'armée congolaise n'entretiennent toujours aucune coopération militaire depuis plusieurs mois.
L'ADF avait subi de lourdes pertes au premier semestre 2014 sous le coup d'une offensive de l'armée congolaise à laquelle la Monusco avait fini par prêter main forte.La mission onusienne ne voyait pas d'un bon oeil cette opération et jugeait alors plus urgente la lutte contre les FDLR alors que plusieurs experts estimaient que les rebelles ougandais ne présentait pas de menace majeure pour les efforts de stabilisation de l'est de la RDC, ravagé par les conflits armés depuis plus de vingt ans.
Profitant d'un relâchement de ces opérations à la fin du mois d'août, la rébellion avait repris l'initiative.
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