Les Tanzaniens ont voté dimanche sans encombre majeur aux élections générales pour lesquelles le président-candidat, Jakaya Kikwete, grand favori, a d'ores et déjà prédit une "victoire écrasante" de son parti.
Le résultat du scrutin sera connu mercredi, selon la commission électorale.Les bureaux de vote ont fermé leurs portes vers 16H00 locales (13H00 GMT), après une journée globalement calme en dépit de quelques problèmes mineurs.
A Dar es Salaam, des électeurs se sont plaints de ne pas voir leur nom figurer sur les listes électorales, d'autres ont protesté contre le retard de l'ouverture des bureaux de vote.
Les observateurs étrangers sur le terrain ont cependant relativisé ces problèmes."Nous avons en entendu parler.Nous ne savons pas quelle est l'ampleur de ces problèmes (...) excepté cela, le vote se déroule de manière ordonnée", a déclaré à l'AFP le chefs des observateurs du Commonwealth, Paul East.
Sur l'île autonome de Zanzibar, où les précédentes élections ont provoqué des violences meurtrières, le scrutin se déroulait également dans le calme, a constaté un correspondant de l'AFP.Les commerces sont cependant restés fermés et les rues de la ville étaient désertes, certains habitants redoutant que le vote ne dégénère.
"J'espère qu'Allah nous aidera à terminer le vote et à avoir les résultats sans violences", expliquait un électeur, Ashuba Mohamed.
Devant les bureaux de vote, hommes et femmes se rangeaient dans des files séparées.Pour chaque votant, la procédure est relativement longue, car outre le président, les Tanzaniens élisent leurs députés et leurs élus locaux.
"Nous voulons la paix et un changement économique.Nous avons éduqué nos enfants et maintenant il n'y a pas de travail pour eux", expliquait devant un bureau du centre de Dar es Salaam, Mustafa Masha, 61 ans.
Nurdin Shabir, commerçant, insistait lui sur l'importance de la paix dans un pays qui a échappé aux troubles politiques majeurs et aux conflits civils: "pour moi, la paix est primordiale pour que je continue à faire vivre ma famille".
Tout au long de la campagne, le chef de l'Etat - âgé de 60 ans et candidat à un second et dernier mandat de 5 ans - a promis d'améliorer l'éducation, la santé et les infrastructures dans ce pays démuni qui dépend essentiellement de son agriculture.
Dès dimanche à la mi-journée, il a prédit une "victoire écrasante" du Chama Cha Mapinduzi (Parti révolutionnaire en swahili, CCM) qui dirige le pays depuis son indépendance en 1961.
"Le parti attend une victoire écrasante.Le CCM a fait beaucoup pour le pays au cours des cinq dernières années" a-t-il affirmé aux journalistes après avoir voté dans son village.M. Kikwete affronte sans véritable risque cinq opposants.
Ces opposants ont dénoncé des promesses non tenues par le CCM."Il y a 50 ans, les fondateurs du CCM parlaient (d'éliminer) la pauvreté.50 ans plus tard, le CCM parle toujours de cela.Voulez vous que l'on parle toujours de pauvreté dans 50 ans?", a lancé à la fin de la campagne un dirigeant du Front civique uni (CUF).
Le candidat du CUF à la présidentielle, Ibrahim Lipumba, s'est lui aussi employé à dénoncer les promesses du chef de l'Etat à la veille du scrutin: "en 2005, le CCM a fait des promesses (...) durant la campagne Kikwete n'a pas parlé de ses engagements non tenus.Il a fait plus de promesses".
Il s'agit des quatrième élections générales depuis la réintroduction du multipartisme en 1992 dans un pays qui a jusqu'à présent évité les troubles politiques qu'ont connus ses voisins du Kenya, d'Ouganda, du Burundi, du Rwanda et de République démocratique du Congo.
A Zanzibar, une nouvelle constitution est entrée en vigueur afin d'éviter les répétitions des violences, en permettant un partage des pouvoirs entre le CCM et le CUF.
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