Neuf personnes ont été condamnées à mort pour blasphème au Nigeria, en application de la charia --la loi coranique-- en vigueur dans le nord du pays, ont déclaré vendredi un greffier et le patron de la police religieuse.
La Haute cour de la charia de Kano, la ville la plus peuplée du nord du Nigeria, a condamné Aminu Abdul Nyass, un prêcheur soufi et huit de ses adeptes à la peine capitale pour avoir critiqué le prophète Mahomet.
Ces commentaires, prononcés le mois dernier au cours d'une cérémonie religieuse, avaient engendré des violences dans la ville.
Selon le greffier du tribunal Alhaji Nasuru, les neuf personnes --dont une femme-- ont été "condamnées à mort en vertu des sections 110 et 302 du code pénal de la charia".
Quatre autres adeptes du prêcheur ont été acquittés, a-t-il ajouté.
Des émeutes ont éclaté dans un quartier de Kano pendant les célébrations de l'anniversaire de l'ancien chef de la confrérie soufie Tijaniyya, Ibrahim Nyass.La maison d'Aminu Abdul Nyass avait même été brûlée, selon la police.C'est à ce moment-là que les prévenus ont été arrêtés.
Le prêcheur Abdul Nyass appartient à une branche du soufisme différente de la confrérie Tijaniyya, et les deux courants sont en désaccord sur certains principes de base de l'Islam.
"Nous sommes heureux que le tribunal de la charia ait prononcé la peine capitale pour les neuf personnes qui ont tenu des propos blasphématoires à l'encontre du prophète", a déclaré à l'AFP Aminu Daurawa, le chef de la Hisbah, la police de Kano chargée de faire respecter la charia.
Le procès s'est tenu dans le secret, pour éviter de nouvelles violences, la foule ayant mis le feu à une partie du tribunal lors de la première comparution des prévenus en mai.
Le jugement doit encore être entériné par le gouverneur de l'Etat de Kano, Abdullahi Umar Ganduje, a précisé M. Daurawa.
"La foule pourrait décider de faire justice elle-même s'(ils) sont libérés (...); ils seraient certainement tués s'ils apparaissaient dans la rue", a-t-il poursuivi.
On ignore si les accusés comptent faire appel.
Douze Etats du nord du Nigeria, majoritairement musulman, ont adopté la charia en parallèle du Code pénal au début des années 2000.Si la peine capitale a déjà été prononcée plusieurs fois par les tribunaux de la charia, notamment pour des cas d'adultère, de meurtre ou pour homosexualité, aucune exécution n'a eu lieu pour l'instant.
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