L'ONU et les Européens ont salué la signature de l'accord "de paix" en Libye par l'une des deux parties rivales mais le chemin vers la réconciliation s'annonce encore "long et difficile" dans ce pays très divisé.
En proie au chaos depuis la chute du régime de Kadhafi, la Libye compte deux Parlements - et deux gouvernements - qui se disputent le pouvoir, l'un basé à Tripoli et l'autre à Tobrouk (est), ce dernier étant le seul reconnu par la communauté internationale.
En dépit de l'absence des représentants du Parlement de Tripoli, les parties libyennes ont paraphé samedi soir à Skhirat au Maroc un accord de sortie de crise après plusieurs mois de négociations sous l'égide de l'ONU.
Cet accord "de paix et de réconciliation" prévoit notamment la formation d'un gouvernement d'union nationale et la tenue de nouvelles élections.
Il a été accueilli favorablement par l'Europe, très inquiète par l'effondrement de la Libye depuis 2011.
L'Union européenne a salué "un pas important" et s'est dite "prête à soutenir un gouvernement d'union nationale dès lors qu'il sera formé", a indiqué la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, dans un communiqué.
L'Italie, l'ancienne puissance coloniale située à quelques centaines de kilomètres des rivages libyens, a qualifié l'accord "d'étape importante".Rome s'inquiète particulièrement des flux de migrants qui se déversent chaque jour sur ses côtes.
"L'accord de ces dernières heures sur la Libye est une étape importante dans les efforts pour stabiliser la région et rétablir la paix dans ce grand pays", a déclaré le chef du gouvernement italien Matteo Renzi.
"Chaque jour qui passe, la nécessité de résoudre la crise libyenne apparaît plus évidente et centrale pour les risques liés au terrorisme comme pour les événements liés à l'immigration", a-t-il ajouté en assurant que l'Italie n'abandonnerait "jamais ses amis et alliés".
Les représentants du Parlement de Tripoli, un acteur clé du conflit qui ravage le pays depuis plus d'un an, ont été les grands absents de cette signature mais l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Bernardino Léon a salué "un pas important dans le chemin de la paix".
"Ces accords dessinent les principes: les institutions et les mécanismes de prise de décision pour compléter la transition et ce jusqu'à l'adoption d'une nouvelle constitution", a déclaré M.Léon, lors de la cérémonie de paraphe de l'accord, en présence de représentants du parlement de Tobrouk, de représentants de municipalités, de partis politiques et de membres de la société civile libyenne.
- La porte reste ouverte -
Il a également souligné que la porte restait "ouverte" pour "ceux qui n'étaient pas présents", précisant que les points de contentieux qui subsistent pourraient être discutés après la fin du ramadan.
Parmi ces divergences figure le souhait des membres du Parlement de Tripoli de voir figurer le "respect de la magistrature" dans les accords, une possible référence à la Cour suprême qui avait décidé en novembre dernier d'invalider le Parlement basé dans l'est du pays.
Dans une lettre adressée samedi à l'émissaire onusien, le Congrès général national (CGN), le Parlement de Tripoli, s'est dit prêt à envoyer une délégation au Maroc dont le but sera de "présenter les modifications" souhaitées par Tripoli.
Le CGN, soutenu par Fajr Libya, une coalition de milices qui contrôle la capitale Tripoli depuis près d'un an, doit s'exprimer sur cet accord lors d'une conférence de presse dimanche.
"La Libye vit un fiasco depuis un an, et le pays qui est né de la révolution s'est divisé en deux", a déploré Othman Ben Sassi, activiste politique et ancien membre du CGN."Elle a besoin d'unifier ses institutions à travers la formation d'un gouvernement d'union nationale pour mettre fin à la division.La signature de l'accord nous engage sur cette voie mais le chemin est encore long et difficile", a-t-il ajouté.
Depuis juillet 2014, les combats quotidiens entre forces rivales libyennes ont fait des centaines de morts.Nouvel acteur apparu ces derniers mois, le groupe jihadiste Etat islamique, qui contrôle déjà de vastes pans de territoires en Irak et en Syrie, s'est notamment emparé en juin de la ville de Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli.
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