Huit personnes ont été abattues par des hommes armés soupçonnés d'appartenir au groupe islamiste Boko Haram dans un village de l'Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, ont rapporté jeudi un habitant et un milicien.
"Les hommes armés, dont on pense qu'ils font partie de Boko Haram, sont arrivés dans notre village vers 21h (20h00 GMT) hier (mercredi) et ils ont tué huit personnes", a déclaré Umar Goni, un habitant du village de Pompomari.
"Ils ont commencé par se diriger vers la maison du chef du village, qui par chance n'était pas là.Ils ont tué son fils, puis ils ont attaqué la maison d'un milicien", tué avec ses deux fils, a-t-il précisé.
"Ils ont aussi tué un autre milicien chez lui.Puis ils se sont rendus dans une maison qui abritait des déplacés de précédentes attaques de Boko Haram (...) et ils ont abattu trois personnes", a poursuivi M. Goni.
Yuram Bura, un milicien qui combat Boko Haram aux côtés de l'armée, a confirmé l'attaque et le bilan.
Pompomari se trouve à environ 15 km de Biu, la plus grande ville du sud du Borno, l'Etat le plus durement touché par l'insurrection islamiste.
Au début du mois, le village de Miringa, situé à un km de Pompomari, a été le théâtre d'une attaque semblable: des islamistes armés y ont sélectionné 11 hommes accusés d'avoir refusé d'être enrôlés de force par Boko Haram, en pleine nuit, et les ont exécutés.
Les violences de Boko Haram et leur répression par l'armée ont fait plus de 15.000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria depuis 2009.
Le président nigérian Muhammadu Buhari, élu en mars, a fait de la lutte contre le groupe islamiste la priorité de son mandat.Mais dans la période de flottement qui a suivi son investiture, le 29 mai, une nouvelle vague de violences a frappé le nord-est du pays : plus de 750 personnes ont péri dans des attaques islamistes en moins de deux mois, selon un comptage AFP.
Les pays voisins ne sont pas épargnés: le Cameroun et le Tchad, engagés militairement dans la lutte contre Boko Haram depuis février, ont eux aussi été touchés par des attentats sur leur sol à cette période.
Mercredi, au Cameroun, un double attentat-suicide a fait 13 morts à Maroua, la capitale de l'Extrême-Nord, région régulièrement ciblée par Boko Haram.
Le même jour, plusieurs bombes ont explosé dans deux gares routières de Gombe, capitale de l'Etat du même nom, dans le nord-est du Nigeria.Selon un responsable des secours joint jeudi par l'AFP, ces attentats ont fait au moins 37 morts et 98 blessés.
Ce bilan, qui ne tient compte que des victimes transportées à l'hôpital, "peut encore évoluer à tout moment, parce que certains des blessés sont dans un état critique", a-t-il précisé sous couvert d'anonymat.
En visite à Washington, M. Buhari a estimé mercredi que le refus des Etats-Unis de fournir des armes aux troupes nigérianes en raison "de soi-disant violations des droits de l'Homme" ne faisait que profiter à Boko Haram.
Les forces de l'ordre nigérianes ont souvent été pointées du doigt par les organisations de défense des droits de l'homme pour avoir commis des exécutions sommaires et des détentions arbitraires, notamment, dans le cadre de la lutte contre les islamistes.
Le gouvernement américain ne peut légalement aider militairement un pays accusé de telles violations.
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