Le porte-parole d'un petit parti de l'opposition burundaise, dont le président avait été tué en mai au plus fort des manifestations contre le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, a été abattu dans la nuit de lundi à mardi à Bujumbura par des inconnus, a annoncé à l'AFP le directeur général adjoint de la police.
Patrice Gahungu, porte-parole de l'Union pour la paix et la démocratie (UPD), "a été assassiné par balles par des personnes non identifiées alors qu'il arrivait devant sa maison dans le quartier de Gihosha à 23h30", a expliqué à l'AFP le général Godefroid Bizimana, joint par téléphone à Bujumbura.
"Une enquête a été ouverte pour retrouver les assassins du porte-parole de l'UPD", a-t-il poursuivi, expliquant que ce crime avait été commis en l'absence de témoins.
"C'est clair qu'il y a la main du pouvoir de Pierre Nkurunziza car ce crime odieux s'inscrit dans une suite d'assassinats visant tous ceux qui ont osé dire que son 3e mandat est illégal", a réagi à l'AFP Chauvineau Mugwengezo, président d'honneur de l'UPD, qui s'est exilé "après avoir échappé à plusieurs tentatives d'assassinat".
"Aujourd'hui c'est le porte-parole, il y a eu Zedi Feruzi avant, ils ont tenté de m'éliminer, c'est un plan qui vise à détruire, à anéantir l'UPD", a-t-il accusé.
Zedi Feruzi, un des principaux leaders de la contestation contre le 3e mandat du président burundais, avait été tué par balles avec son garde du corps le 23 mai à Bujumbura par un commando armé non identifié.La police du Burundi n'a jamais fait état d'aucune avancée dans ses enquêtes.
"L'UPD est particulièrement visé car historiquement, il a accueilli plusieurs vagues de militants en provenance du parti au pouvoir depuis l'éviction de Hussein Radjabu de la tête du CNDD-FDD en 2007 et nous sommes farouchement opposé au pouvoir", a justifié M. Mugwengzezo.
Mais une source policière assure que le porte-parole de l'UPD pourrait avoir été assassiné par l'opposition car "il avait félicité publiquement dernièrement le président Nkurunziza pour sa réélection, ce qui lui avait attiré les foudres de son camp".
Le Burundi a plongé depuis fin avril dans une grave crise politique, déclenchée par la volonté du président Nkurunziza de briguer un 3e mandat que ses adversaires jugent anticonstitutionnel.
Les violences se sont poursuivies après l'élection de Pierre Nkurunziza le 21 juillet, avec notamment l'assassinat du général Adolphe Nshimirimana, considéré comme le n°2 du régime, et plusieurs meurtres politiques touchant le camp présidentiel et l'opposition.
Par ailleurs, la population a découvert mardi matin quatre cadavres de personnes assassinées par balles dans le quartier de Cibitoke, haut lieu de la contestation dans le nord-ouest de la capitale burundaise.Deux parmi eux ont été identifiés comme des corps de manifestants arrêtées dernièrement par la police dans un autre quartier contestataire du sud de Bujumbura, Musaga, ce que dément le porte-parole de la police.
Pierre Nkurikiye reconnaît qu'au moins deux de ces victimes "ont été tuées ailleurs avant d'être amenées à Cibitoke où elles ont été découvertes, selon les premières constatations".
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