"Lumières d'Afrique" au théâtre de Chaillot: 54 artistes engagés pour un continent rayonnant

Infos. ...

Paris (AFP) Un tableau-relief d'armes de guerre, un cercueil en forme d'ampoule, un robinet de pierre d'où sort la lumière: toute la diversité et la vitalité de la création plastique africaine s'expriment dans l'exposition "Lumières d'Afrique" au Théâtre national de Chaillot. Le projet de l'organisation AAD (African Artist for Development) est simple : 54 artistes, un par pays, et une oeuvre spécialement créée par chacun d'eux sur un thème unique, la lumière. Le mot est pris dans toutes ses acceptions : l'éclairage électrique qui fait cruellement défaut sur ce continent, même dans les grandes villes, l'accès à la connaissance et à la démocratie des "Lumières" européennes, et le rayonnement de plus en plus large de ces pays. "Quand on survole les grandes villes africaines, on est frappé par l'absence de halo lumineux.En même temps, la création contemporaine africaine est lumineuse. Elle rayonne et va rayonner de plus en plus", explique avec enthousiasme Gervanne Léridon, co-présidente d'AAD.En prélude à la grande conférence climat de Paris (COP 21), "Lumières d'Afrique" (jusqu'au 24 novembre, entrée libre) se revendique comme la première exposition présentant des créateurs venus des 54 nations du continent."Il y a des artistes partout", affirme Gervanne Léridon.Certains sont déjà reconnus sur la scène internationale, d'autres commencent à se faire connaître. Pour Jean-Michel Champault, directeur artistique de +Lumières d'Afrique+, il était important que "des artistes peu connus, issus de pays où la vie culturelle est actuellement peu développée - Libye, Sud-Soudan, Somalie, Lesotho -, aient une chance de montrer leur travail". - Bassines et lanternes -Peinture, sculpture, photographie, collages, vidéo : à la diversité des inspirations répond celle des moyens et des matériaux, souvent pauvres ou de récupération.Dans son oeuvre "La lumière au bout du tunnel", le Mozambicain Gonçalo Mabunda recycle en tableau-relief des morceaux d'armes utilisées pendant la guerre civile qui a ravagé son pays jusqu'en 1992. Tété Camille Azankpo (Togo) s'est servi de vieilles bassines émaillées, si utilisées en Afrique, pour représenter une lanterne, autre icône de la vie quotidienne dans son pays.Même démarche chez le Béninois Aston qui, à l'aide d'objets collectés, représente la carte d'un monde illuminé par l'Afrique, où des perles noires symbolisent des diasporas du continent installées dans le monde entier. Sur un mode très différent, Noah Mduli (Swaziland) a sculpté un très réaliste robinet en pierre d'où "coule" une source lumineuse.Une oeuvre frisant le surréalisme de Magritte, mais qui vise d'abord à montrer l'importance de l'accès à l'eau et à l'électricité. Quant à Paa Joe (Ghana), il a construit avec humour un cercueil en forme d'ampoule, tapissé de satin jaune et violet. La photo est également très présente : Berry Bickle, du Zimbabwe, signe un montage autour du mot "toucher" traduit en différentes langues africaines.La Tunisienne Mouna Jemal Siala a photographié les reflets d'un globe terrestre transparent qu'elle tient dans ses mains."Une sorte d'autoportrait", explique-t-elle.L'exposition s'ouvre par un montage vidéo où chaque artiste s'est filmé pendant 54 secondes pour expliquer son travail. Seule ombre sur "Lumières d'Afrique", les organisateurs étaient sans nouvelles du photographe burundais Teddy Mazina très engagé politiquement dans son pays.

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
"Lumières d'Afrique" au théâtre de Chaillot: 54 artistes engagés pour un continent rayonnant