L'industrie touristique nord-africaine, autre victime du crash de l'avion russe

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Londres (AFP) Le crash d'un avion russe en Egypte risque d'aggraver la crise traversée par l'industrie touristique en Afrique du Nord, en entraînant un transfert des vacanciers vers les destinations plus sûres du sud de l'Europe ou du Golfe persique."L'Egypte ne sera plus dans les petits papiers des Britanniques pour un moment, certainement jusqu'en 2016", prévient Derek Moore, président de l'Association des tours-opérateurs indépendants.Le gouvernement britannique a été le premier à annoncer qu'il privilégiait l'hypothèse d'une bombe pour le crash qui a fait 224 morts et à vouloir évacuer ses ressortissants. "Il y aura de l'inquiétude à propos d'une nouvelle attaque à la bombe dans un avion ainsi qu'autour de la sécurité laxiste à l'aéroport de Charm", explique M. Moore à l'AFP.C'est de Charm el-Cheikh qu'avait décollé l'avion russe qui s'est écrasé dans le Sinaï.Quant à la Russie, elle a décidé d'interdire tous les vols à destination de l'Egypte jusqu'à nouvel ordre.Or, avant le drame, quelque 62% des touristes qui se rendaient par avion à Charm el-Cheikh venaient de ces deux pays.L'an dernier, 9,9 millions de touristes ont visité l'Egypte -- soit bien moins que les 14,7 millions en 2010, venus avant le "printemps arabe" -- et ce chiffre devrait encore chuter.Un autre pays d'Afrique du Nord, la Tunisie, devrait ressentir les répercussions de ce qui se passe en Egypte.Le tourisme du pays souffre déjà, notamment depuis l'attentat de Port El Kantaoui, au cours duquel 38 touristes, dont 30 Britanniques, avaient trouvé la mort le 26 juin lorsqu'un étudiant armé d'une kalachnikov avait ouvert le feu dans un hôtel. Les autorités tunisiennes estiment que l'industrie du tourisme, qui emploie près de 5% de la population et représente quelque 7% de son produit intérieur brut, va perdre plus de 500 millions de dollars et 2 millions de nuitées d'hôtel cette année à cause de cette attaque.- Dubaï, Oman et la Turquie -"De nombreux voyages organisés ont été annulés", explique Nadejda Popova, analyste au cabinet Euromonitor International."La Tunisie partage une frontière inquiétante avec la Libye, où la situation empire et d'où des activistes arrivent, exportant l'idéologie" islamiste radicale. "Les gens veulent être certains qu'ils ne courent aucun risque", prévient Mme Popova. Dans ce contexte anxiogène, l'un des défis pour ces pays d'Afrique du Nord, comme pour les autres, pourrait être de garantir la sécurité au décollage. La clé "sera la réputation des aéroports; des vacances comprenant un vol au départ d'un aéroport perçu comme potentiellement +risqué+ ne seront plus retenues", souligne M. Moore. Déjà attirantes pour les vacanciers au portefeuille bien garni et tournés vers le shopping, les destinations du Golfe persique, à quelques heures de vol seulement de l'Europe, pourraient tirer leurs épingle du jeu et attirer une clientèle plus large. Mme Popova cite des destinations comme Dubaï, Abou Dhabi, le Qatar mais aussi Oman, susceptible selon elle de remplacer le Maroc dans le coeur des touristes en quête d'authenticité.Pourtant, ce dernier pays est relativement épargné par la violence islamiste radicale depuis l'attentat d'avril 2011 à Marrakech qui avait tué 17 personnes dont onze touristes européens.Des pays du sud de l'Europe devraient aussi profiter du mouvement, l'experte citant la Grèce, Chypre, l'Espagne, l'Italie et la Bulgarie, des destinations déjà appréciées des Russes. Malgré sa proximité d'une Syrie en pleine guerre civile, la Turquie, qui correspond à la même gamme de prix que l'Egypte et est dotée d'aéroports et d'hôtels flambant neufs et d'une solide réputation sur le plan sécuritaire, pourrait également attirer des vacanciers supplémentaires: les experts d'Air4Casts notent que des Russes qui prévoyaient de partir en Egypte changent déjà leur réservation à son avantage.

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