RDC: contre-attaque visant des rebelles ougandais après une nouvelle tuerie dans l'est

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Goma (RD Congo) (AFP) Les Casques bleus et l'armée congolaise ont contre-attaqué mardi face aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) accusés d'une nouvelle tuerie dimanche dans l'est de la République démocratique du Congo."Nous avons suivi la piste des ADF qui ont attaqué la ville d'Eringeti" dans le nord de la province du Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP le général de division Jean Baillaud, commandant par intérim de la Force militaire de la Mission de l'ONU au Congo (Monusco)."Nous avons décidé de les engager au lever du jour avec des hélicoptères d'attaque" à quelques kilomètres au sud-est d'Eringeti, avant que l'artillerie entre en action, a ajouté l'officier."C'est une opération qui se fait de manière conjointe avec les FARDC" (Forces armées de la RDC), a précisé le colonel Félix-Prosper Basse, porte-parole de la Monusco.Aucun porte-parole des FARDC n'a pu être joint pour donner davantage de détails sur l'implication de l'armée congolaise dans cette opération.La coopération militaire entre FARDC et Monusco est pratiquement au point mort, à quelques exceptions près, depuis le début de l'année en raison d'une brouille entre l'ONU et les autorités de Kinshasa. Les combats ont duré plusieurs heures.Vers 20h30 (18h30 GMT), le colonel Basse a indiqué que l'opération se poursuivrait dans les jours qui viennent, mais n'a pas voulu donner de bilan des affrontements, affirmant que l'offensive avait porté des coups "significatifs" à l'ennemi.A New York, le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a déclaré que les Nations unies avaient "reçu des informations selon lesquelles 13 combattants ADF avaient été tués dans l'opération."Située dans le territoire de Beni, à la lisière de la province de l'Ituri, Eringeti a été attaquée dimanche par des rebelles ADF pendant près de 10 heures.Selon l'ONU, 24 personnes ont été tuées: un Casque bleu malawite, quatre soldats congolais, 7 civils "tués à la machette à l'hôpital" - ce qu'a confirmé un témoin - et 12 assaillants.- Qui ravitaille les rebelles ? -"Il y a une dynamique nouvelle" face aux ADF, a affirmé le colonel Basse, car "il est inacceptable que la population doive mourir de manière aussi cruelle, mais aussi les soldats congolais et des Casques bleus". Rebelles musulmans opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les ADF sont présents dans l'Est congolais depuis vingt ans.Ils sont accusés d'être responsables d'une succession de massacres et d'attaques dans le territoire de Beni et aux confins de l'Ituri ayant coûté la vie à plus de 500 civils depuis octobre 2014, selon l'ONU.Selon le général Baillaud, les troupes de la Brigade d'intervention de la Monusco, corps de 3.000 hommes autorisé à recourir à la force de manière offensive, ont fait face mardi à "plus de 200 combattants" de cette milice "avec des femmes armées et des enfants soldats".Interrogé sur la thèse de certaines ONG locales selon laquelle les ADF auraient été renforcées en éléments étrangers et auraient pris depuis quelques mois un virage "jihadiste", le général français a affirmé qu'il fallait "prendre ces allégations extrêmement au sérieux".et "faire un travail de fond pour les vérifier".On observe une "agressivité" nouvelle chez ces rebelles, a noté le général."Ils ont été renforcés en effectifs.Ils ont des armes lourdes, des mortiers, des mitrailleuses lourdes, ils ont beaucoup de munitions", ce qui n'était pas le cas il y a quelques mois, et "cela pose la question de savoir qui les ravitaille".A Oicha, "la population a peur et certains commencent à [partir] pour se diriger vers Beni", a déclaré lundi Georges Kitambala, enseignant dans cette ville à mi-distance entre Eringeti et Beni, place commerciale importante à environ 250 km au nord de Goma."Aujourd'hui, il n'y a pas d'activité, pas d'école, pas de marché, et aucune boutique n'a ouvert", a ajouté M. Kitambala, joint par téléphone.Après l'attaque de dimanche, plusieurs ONG d'Eringeti et d'Oicha ont appelé à respecter un deuil de trois jours, sans activité.Selon Teddy Kataliko, président de l'ONG Société civile du territoire de Beni, la première journée a été une "réussite"."D'Oicha à Eringeti, aucune activité n'a été observée aujourd'hui", a-t-il assuré, "la population en a marre des tueries et nous continuons de demander au gouvernement d'assurer la sécurité de la population".

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