Tripoli (AFP) Des réservoirs de pétrole étaient toujours en feu jeudi soir dans le nord de la Libye, les pompiers ne parvenant pas à éteindre le sinistre, après une nouvelle attaque lancée par des jihadistes pour prendre le contrôle de sites pétroliers.Cette attaque intervient deux jours après l'annonce de la formation d'un gouvernement d'union nationale sous l'égide de l'ONU, première étape d'un processus qui vise à sortir le pays du chaos dans lequel il est plongé depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.Des combattants du groupe Etat islamique (EI) ont attaqué à l'aube des réservoirs à Ras Lanouf, au coeur du "Croissant pétrolier" de la Libye, à environ 650 km à l'est de Tripoli, ont annoncé la compagnie nationale de pétrole (NOC) et des médias."Des réservoirs remplis de brut ont pris feu (...) Plusieurs tours électriques et des lignes haute tension qui alimentent les quartiers résidentiels et la zone industrielle" se sont effondrées, a indiqué la NOC, basée à Tripoli."La situation à Ras Lanouf est catastrophique sur le plan environnemental", a-t-elle ajouté.Si l'attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, le porte-parole de la NOC basée dans l'est du pays, Mohamad al-Manfi, a également pointé du doigt l'EI.Il a indiqué que le groupe avait "lancé des roquettes contre les réservoirs pétroliers de la compagnie Harouge".- 'Désastre' -"Cinq réservoirs de la compagnie al-Harouge sont toujours en feu (...) Les pompiers sur place tentent d'éteindre le feu", a-t-il dit en soirée à l'AFP.Mais "nous n'avons pas les moyens suffisants" pour éteindre l'incendie, a dit M. Manfi, parlant de "désastre".Les réservoirs de Harouge (ex-Veba Oil) sont situés à 9 km du port de Ras Lanouf, à l'intérieur des terres.Trois pipelines principaux alimentent les 13 réservoirs, d'une capacité de 6,5 millions de barils, selon le site de la compagnie. L'EI, qui compterait environ 3.000 combattants dans le pays selon Paris, tente depuis plusieurs semaines une percée vers l'Est depuis la ville de Syrte (450 km à l'est de Tripoli) qu'il contrôle afin atteindre la zone du "Croissant pétrolier". Il avait déjà mené début janvier deux attaques près d'importantes installations pétrolières à Ras Lanouf et dans la ville d'al-Sedra.La Libye dispose des réserves pétrolières les plus importantes d'Afrique, estimées à 48 milliards de barils.Sa production était estimée à 1,6 million b/j en 2011 mais a chuté d'un tiers depuis.Le groupe jihadiste a gagné du terrain en Libye depuis un an, tirant notamment profit de l'instabilité politique: deux autorités s'y disputent le pouvoir avec l'une basée dans la capitale Tripoli proche d'une coalition de milices, et l'autre, dont le dernier Parlement élu, exilée dans l'est du pays.- 'Urgence' -L'émissaire de l'ONU, Martin Kobler, a de nouveau insisté jeudi sur "l'urgence" de faire avancer le processus politique car, "une fois de plus, une attaque terroriste a visé les ressources de la Libye". Le gouvernement d'union mis en place par l'ONU, qui est dirigé par l'homme d'affaires tripolitain Fayez el-Sarraj, doit encore être approuvé par le Parlement installé dans l'Est afin d'être opérationnel.Par ailleurs, un des défis est son installation à Tripoli alors que la capitale est contrôlée depuis l'été 2014 par des milices en partie islamistes.Une fois en place, ce gouvernement d'union pourrait demander l'aide de pays étrangers, notamment européens.Ces derniers, notamment l'Italie, sont prêts à y intervenir pour lutter contre l'EI et contre les passeurs faisant traverser la Méditerranée aux migrants voulant rejoindre l'Europe."Il faut agir vite pour pouvoir intervenir, dès que ce sera possible, dans les eaux territoriales libyennes", a déclaré mercredi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.Car de nouvelles traversées massives de migrants sont redoutées au printemps avec le retour à une mer plus clémente.Par ailleurs, l'EI a mis en ligne jeudi des photos de l'exécution à Syrte de quatre jeunes hommes pour vol, blasphème, hérésie et "appartenance à l'armée de (Khalifa) Haftar", le responsable militaire des autorités de l'Est.Dans la nuit de mercredi à jeudi, le groupe a tenté une nouvelle fois d'entrer à Derna (1.100 km à l'est de Tripoli) mais a été refoulé par les forces locales qui l'en avaient chassé en juillet, a indiqué jeudi une milice rivale.
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