Un groupe d'officiers a affirmé mercredi avoir renversé le régime d'Andry Rajoelina à Madagascar, dans une déclaration restée cependant sans effet apparent dans la capitale Antananarivo.
Le gouvernement malgache a de son côté minimisé cette déclaration, faite le jour-même de la tenue d'un référendum sur une nouvelle Constitution voulu par le régime en place.
"A partir de maintenant, toutes les institutions existantes sont suspendues, et c'est un Comité militaire qui va gérer les affaires du pays", a affirmé au cours d'une conférence de presse le général Noël Rakotonandrasana, ancien ministre des Forces armées limogé le 7 avril dernier, déjà sur fond de rumeur de tentative de coup d'Etat.
Accompagné d'une vingtaine de militaires, ce général actuellement sans affectation s'exprimait depuis un camp militaire proche de l'aéroport d'Antananarivo, à une quinzaine de km en périphérie de la ville.
Cette déclaration est restée toute la journée sans effet perceptible dans la capitale, où aucun déploiement militaire ou incident n'a été constaté.La radio, comme la télévision et autres infrastructures publiques fonctionnaient normalement en ce jour férié pour cause de scrutin référendaire.
"Nous sommes en réunion" à ce sujet, a dit à l'AFP le Premier ministre Camille Vital."Nous essayons de trouver une solution pour apaiser la situation (...)", a expliqué M. Vital, minimisant l'action des mutins: "ils sont dans le camp, (...) ils sont au nombre de 18".
En fin d'après-midi, de brèves échauffourées ont éclaté près de l'aéroport entre les forces de l'ordre et quelques centaines de manifestants anti-gouvernementaux, qui tentaient d'ériger des barricades pour prévenir toute intervention de l'armée dans le camp des officiers rebelles, visiblement déserté.
Cette apparente tentative de putsch est intervenue le jour de la tenue d'un référendum constitutionnel se voulant la première étape d'un processus de sortie de crise initié en août par M. Rajoelina et une centaine de partis politiques.Ce processus prévoit des législatives en mars et une présidentielle en mai.
Il s'agit du premier scrutin depuis la prise de pouvoir de M. Rajoelina qui, soutenu par la rue et l'essentiel de l'armée, avait évincé en mars 2009 le président élu Marc Ravalomanana.
Les trois mouvances des anciens présidents Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy, aujourd'hui dans l'opposition, refusent ce processus et avaient appelé au boycott de la consultation.
Le général Rakotonandrasana avait joué un rôle crucial dans le changement de régime de 2009 en prenant la tête d'une mutinerie militaire contre le président Ravalomanana.
Les opérations de vote se sont poursuivies normalement jusqu'à 18H00 locales (13h00 GMT) avec une relative affluence.
Un peu moins de 8 millions de Malgaches étaient appelés à se prononcer sur ce projet de nouvelle Constitution, dont l'enjeu réside essentiellement dans la mobilisation des électeurs et leur soutien implicite au régime.
Après une campagne très largement dominée par le camp du "oui", les partisans de M. Rajoelina espèrent une participation au moins équivalente à celle du précédent référendum constitutionnel en 2007, soit 43%.
Madagascar est plongée dans une grave crise politique et économique depuis fin 2008 puis l'éviction de M. Ravalomanana.
Le projet de Constitution est censé éviter les "dérives dictatoriales" et renforce notamment la décentralisation.L'âge minimum pour pouvoir être candidat à la présidence est abaissé de 40 à 35 ans, ce qui autoriserait Andry Rajoelina, 36 ans, à se présenter au prochain scrutin présidentiel, même si l'intéressé s'est engagé à ne pas être candidat.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.