Les soutiens de Christophe Naudin se sont mobilisés dimanche pour s'opposer à l'extradition du Français d'Egypte vers la République dominicaine pour son rôle dans l'évasion de deux pilotes condamnés dans l'affaire dite "Air cocaïne".
Le comité de soutien de ce spécialiste de la sûreté aérienne a vivement réagi après la décision du parquet égyptien, qui a ordonné samedi l'extradition.Un processus qui devait démarrer dès dimanche, selon un haut responsable égyptien.
"Nous demandons une audience au président de la République (François Hollande).Il n'y a que lui, que l'�?tat français à un haut niveau, qui puisse intervenir auprès des autorités égyptiennes pour éviter une extradition qui pourrait être fatale à Christophe Naudin", a déclaré à l'AFP Christophe Lekieffre, président du comité de soutien.
"On ne peut pas laisser Christophe être envoyé en République dominicaine: il a la cinquantaine, souffre d'hypertension, et n'a rien fait qui mérite d'aller en prison", a-t-il affirmé, appelant à une intervention politique.
Dimanche matin, le ministère français des Affaires étrangères a pris acte dans un communiqué de la décision égyptienne."Nous suivons avec attention sa situation et continuerons d'assurer la protection consulaire en sa faveur", a indiqué le ministère.
Dans la soirée, l'ambassadeur d'Egypte en France, Ehab Badawy, a déclaré à l'AFP que des "contacts politiques" avaient eu lieu entre les deux pays, mais que "cela ne pouvait pas interférer avec la justice égyptienne", qui a agi à "la demande de la justice dominicaine sur la base d'un mandat d'arrêt international" et "en toute indépendance".
"La justice égyptienne a pris cette décision après avoir entendu M. Naudin et en application du droit international", a-t-il ajouté.
Christophe Naudin avait été arrêté le 4 février au Caire, en raison du mandat dominicain.Il avait aidé à organiser l'exfiltration, fin octobre, des pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, condamnés pour trafic de drogue.
Fin novembre, la République dominicaine avait émis un mandat d'arrêt international contre M. Naudin, le député européen Aymeric Chauprade et Pierre Malinowski, l'assistant parlementaire à Strasbourg de Jean-Marie Le Pen, pour leur implication dans l'évasion des deux pilotes français.
- 'Mandat d'arrêt absurde' -
"C'était une opération de sauvetage de deux personnes condamnées à mort si elles étaient restées sur place", avait plaidé en octobre M. Naudin au micro de RTL, expliquant qu'il avait organisé "la partie opérationnelle" de la fuite rocambolesque des deux pilotes, par la mer.
"Il ne s'agit pas d'une évasion, puisque les pilotes n'étaient pas détenus mais en liberté conditionnelle", a déclaré dimanche à l'AFP l'avocat français de M. Naudin, Martin Reynaud.
Et surtout, "les chefs de poursuite retenus par la République dominicaine - la traite d'êtres humains et le trafic illicite de migrants - sont absurdes", selon Me Reynaud.
Pour l'avocat, ils n'ont été choisis que pour pallier "l'absence de convention d'extradition" entre Le Caire et Saint-Domingue: "Cela permet de s'appuyer sur la Convention des Nations unies pour la répression des êtres humains, qui ouvre la possibilité d'une extradition, même sans accord bilatéral".
Pour le comité de soutien, il faut empêcher une extradition qui "va tourner à la vengeance, car Naudin va payer pour les pilotes qu'il a aidés à sortir", a estimé M. Lekieffre.
L'affaire dite "Air Cocaïne" avait débuté en mars 2013, quand les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos avaient été arrêtés par les autorités dominicaines aux commandes d'un avion de location chargé de valises contenant 680 kg de cocaïne.
En août 2015, ils avaient été condamnés à 20 ans de prison pour trafic de drogue, une peine confirmée le 11 février.
Le 28 octobre, alors qu'ils étaient en liberté conditionnelle avec interdiction de sortie du territoire, ils avaient fui ce pays des Caraïbes en bateau pour rejoindre l'île antillaise franco-néerlandaise de Saint-Martin avant de rejoindre la métropole par avion.
Peu après leur retour, les deux pilotes ont été placés en détention provisoire par la justice française, qui enquête sur ce vaste trafic international de drogue.Les deux hommes sont également visés par un mandat d'arrêt international de Saint-Domingue mais la France a écarté toute extradition.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.