Le Congo dans l'attente des résultats de la présidentielle

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BRAZZAVILLE (AFP)

Privés de télécommunications pour la deuxième journée consécutive, les Congolais attendaient lundi les résultats de l'élection de dimanche qui voyait le président Denis Sassou Nguesso briguer un nouveau mandat après 32 ans de pouvoir.

Télé Congo, la télévision nationale a ouvert son journal de 20h00 sur cette interrogation : "Qui présidera aux destinées du Congo dans les cinq prochaines années ? En tout cas, le suspense demeure".

"Le résultat va être publié dans les heures ou les jours qui viennent par les autorités compétentes", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, dans l'après-midi.

Le président de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) a indiqué à la presse que les opérations de dépouillement étaient terminés et que les résultats étaient en train d'être centralisés.

Après avoir connu une journée ville morte dimanche pour le scrutin (la circulation automobile était interdite) l'activité a repris lundi à Brazzaville.

La circulation était cependant bien plus fluide qu'à l'accoutumée sur les grandes artères routières du nord et du sud de la ville, et au grand marché Total, l'affluence bien plus timide qu'un jour normal.

"Les gens [...] pensent que les résultats sortiront aujourd'hui et qu'après il pourrait y avoir des tensions", explique une vendeuse de noix de coco.

La veille, dans ce qui semble avoir été un bref moment isolé de violence dans la capitale, la police anti-émeutes avait dispersé avec des gaz lacrymogènes quelque 200 jeunes partisans du candidat d'opposition Guy-Brice Parfait Kolélas, qui insistaient pour assister au dépouillement à l'intérieur d'un bureau de vote.

Samedi, les autorités avaient décidé de couper toutes les télécommunications (téléphone, internet, SMS) dans le pays pour 48 heures dimanche et lundi "pour des raisons de sécurité et de sûreté nationales", afin d'empêcher l'opposition de publier des "résultats illégaux".

- Centre "secret" -

Unis par un pacte électoral contre M. Sassou Nguesso, cinq candidats de l'opposition se sont engagés à soutenir celui d'entre eux qui arriverait au second tour pour faire barrage au chef de l'Etat.

N'ayant aucune confiance dans la CNEI, les signataires de ce pacte anti-Sassou - M. Kolélas, Jean-Marie Michel Mokoko, Claudine Munari, André Okombi Salissa et Pascal Tsaty Mabiala - ont créé une "commission technique" parallèle (CTE) pour surveiller le déroulement du vote.

Avant le scrutin, ils avaient jugé que les conditions n'étaient pas remplies pour des élections "sincères, crédibles et transparentes".Dédaignant pour autant de boycotter le scrutin, ils ont appelé le peuple à "exercer sa souveraineté" au cas où le président sortant l'emporterait dès le premier tour, comme il l'a promis à ses partisans.

Le gouvernement a jugé ces appels "insurrectionnels".Craignant des violences post-électorales, les Nations unies avaient appelé jeudi toutes les parties au calme.

Selon Charles Zacharie Bowao, coordonnateur de l'alliance électorale de l'opposition, la CTE a commencé lundi à compiler ses résultats sur la base des procès-verbaux des bureaux en sa possession.

La commission de l'opposition travaille dans les sièges de deux coalitions politiques et dans un troisième endroit tenu "secret" pour des raisons de sécurité, a-t-il expliqué.

L'équipe de M. Bowao a montré à quelques journalistes étrangers certains PV de bureaux de vote en leur possession (de grandes feuilles cartonnées jaunes).

"Je suis largement, très largement en tête sur Brazzaville", a affirmé M. Kolélas à son QG de campagne.

Dans un pays marqué par un taux de chômage avoisinant 40% (60% chez les jeunes), les questions économiques et sociales ont été au centre de la campagne électorale.

L'autre enjeu de taille de scrutin touche à l'avenir politique du président sortant, né en 1943 à qui un récent changement de constitution - qualifié de "coup d'Etat constitutionnel" par l'opposition - a permis de se représenter.

Face au "changement" prôné par ses opposants, M. Sassou s'est présenté comme le seul garant "de la paix, de la sécurité et de la stabilité" dans un pays encore fortement marqué par les guerres civiles de la décennie 1990 et du début des années 2000.

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