Un pirate de l'air a détourné mardi un avion de la compagnie EgyptAir vers l'aéroport de Larnaca à Chypre, où il a réclamé de voir son ex-épouse chypriote après avoir libéré la plus grande partie des passagers, selon des responsables.
Le pirate de l'air retenait toujours à bord à la mi-journée trois membres de l'équipage, un officier de sécurité et trois passagers, a annoncé le ministre égyptien de l'Aviation civile Cherif Fathy.
Auparavant, le ministère de l'Aviation civile avait assuré que quatre passagers étrangers étaient restés à bord avec l'équipage après que le pirate a libéré la plupart des passagers que transportait l'avion reliant la ville d'Alexandrie au Caire.
Ce détournement n'est "pas lié au terrorisme", a affirmé le président chypriote Nicos Anastasiades.
L'Airbus A-320, qui transportait au total 81 passagers, assurait la liaison domestique entre la ville côtière d'Alexandrie et le Caire avant d'être détourné vers Larnaca, dans le sud de l'île méditerranéenne.
Le pirate de l'air est de nationalité égyptienne, a indiqué une source gouvernementale chypriote, mais un porte-parole de l'aviation civile égyptienne interrogé par l'AFP a dit ne pas être en mesure de dire s'il était "Libyen ou Egyptien ou de confirmer son nom".
Après l'atterrissage de l'avion à Chypre et de la libération sans heurt de la majorité des passagers, le preneur d'otages a demandé à voir son ancienne épouse chypriote, selon une source gouvernementale chypriote.Celle-ci a été emmenée à l'aéroport depuis son village, accompagnée d'un enfant, a rapporté la télévision chypriote Sigma.
On ignorait le nombre exact de personnes restant à bord de l'avion.L'aviation civile égyptienne a affirmé que seuls quatre passagers et les membres de l'équipage étaient toujours à bord et le correspondant de l'AFP a ensuite vu sept personnes descendre de l'appareil.
Selon le syndicat du personnel d'équipage, Oussama Abdel Basset, les membres d'équipage de l'avion "refusent de quitter l'avion tant que tous les passagers n'auront pas été libérés".
- 'Pas lié au terrorisme' -
Quoiqu'il en soit, le président chypriote a estimé que les motivations du pirate de l'air n'étaient toujours pas claires mais "dans tous les cas ça n'est pas lié au terrorisme".
Interrogé sur la demande du pirate de l'air de voir son ex-épouse, le président a ajouté: "il y a toujours une femme".
Les autorités aéroportuaires chypriotes ont entretemps annoncé la fermeture de l'aéroport international de Larnaca, ajoutant que les vols avaient été déroutés vers l'aéroport de Paphos (ouest).
Le vol détourné transportait 21 étrangers, dont 8 Américains, quatre Britanniques, quatre Néerlandais, deux Belges et un Français, selon le ministère de l'Aviation civile.L'aviation civile a assuré que le nombre de passagers s'élevait à 81, EgyptAir affirmant de son côté qu'il n'y en avait que 55.
Le ministère égyptien de l'Aviation civile a précisé dans un premier temps que le pilote de l'avion avait "affirmé qu'un passager assurait détenir une ceinture d'explosifs et l'a obligé à atterrir à Larnaca".
Le pirate de l'air a contacté la tour de contrôle de l'aéroport chypriote à 08H30 (05H30 GMT) et l'avion a été autorisé à atterrir à 08H50, selon la police chypriote.
L'appareil a été isolé sur le tarmac de l'aéroport, à l'écart du terminal où a été ouverte une cellule de crise.
- Précédents détournements -
Ce détournement intervient cinq mois après le crash, le 31 octobre, d'un Airbus A-321 russe dans le Sinaï égyptien après avoir décollé de la station balnéaire de Charm el-Cheikh.L'organisation jihadiste Etat islamique a affirmé avoir mis une bombe dans l'avion provoquant le crash qui a fait 224 morts.
L'Egypte est en proie aux violences jihadistes notamment dans le Sinaï depuis la destitution en juillet 2013 par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi et la répression de ses sympathisants qui l'a suivie.
Pour sa part, l'aéroport de Larnaca a déjà été le théâtre de plusieurs détournements d'avions dans les années 1980 et 1990.
Le 26 août 1996, un Airbus A-310 de la Sudan Airways, effectuant la liaison Khartoum-Amman avec 199 personnes à bord, avait été détourné vers Larnaca puis vers l'aéroport de Stansted (50 km de Londres), par sept pirates de l'air irakiens.Les sept pirates voulaient obtenir l'asile politique de la Grande-Bretagne.Ils se sont rendus au terme d'une prise d'otages de 20 heures, sans violence.
En avril 1988, un Boeing 747 de Kuwait Airways, assurant la liaison Bangkok-Koweït et transportant 111 personnes, était détourné sur Machhad (Iran).Les sept pirates de l'air ont réclamé en vain la libération de 17 extrémistes chiites pro-iraniens détenus au Koweït.Le 8, l'avion se rend à Larnaca, où deux passagers koweïtiens sont tués par les pirates.Les derniers otages sont libérés lors d'une ultime escale à Alger.
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